À l’Université de Lomé (UL), l’innovation se vit désormais en temps réel. Depuis le 10 mars, près de 300 étudiants issus de plusieurs écoles et facultés planchent sur des défis concrets posés par des entreprises. L’exercice se déroule dans le cadre de la quatrième édition du « Crunch Time pour l’innovation technologique », une initiative portée par l’École polytechnique de Lomé (EPL) et qui se tient jusqu’au 14 mars.
Pendant quelques jours, les étudiants sont plongés dans une sorte de marathon intellectuel où la créativité, la collaboration et l’esprit d’ingénierie sont mis à rude épreuve. Répartis en équipes pluridisciplinaires, ils doivent analyser des problématiques réelles et concevoir, dans un temps limité, des solutions numériques capables d’y répondre.
À travers cette initiative, l’université togolaise tente de rapprocher davantage le monde académique des réalités économiques, en donnant aux futurs ingénieurs et spécialistes du numérique l’occasion de confronter leurs connaissances théoriques à des situations concrètes.
Un laboratoire d’innovation grandeur nature
Le principe du Crunch Time repose sur une immersion totale dans un processus d’innovation accéléré. Les étudiants, venus de différentes filières – ingénierie, informatique, mathématiques ou encore gestion – sont regroupés en équipes afin de combiner leurs compétences et leurs approches.
Chaque groupe se voit confier un problème précis, soumis par des entreprises ou par des structures partenaires. Leur mission consiste à analyser la situation, imaginer une solution technologique pertinente, puis concevoir un prototype ou un concept capable d’être présenté devant un jury.
Les thématiques abordées cette année reflètent les défis actuels liés à la transformation numérique des services. Parmi les problématiques proposées figure notamment la digitalisation du système de tickets de bus destiné aux étudiants, une question qui touche directement à la mobilité universitaire et à l’efficacité des transports collectifs.
D’autres équipes travaillent sur des solutions permettant de faciliter la recherche et la réservation de salles à distance au sein du campus, un enjeu logistique récurrent dans les grandes universités africaines où les infrastructures doivent répondre à une forte demande.

Inspiré d’un modèle français
L’initiative s’inspire du concept développé par l’Université technologique de Belfort-Montbéliard (UTBM) en France, où le Crunch Time constitue un moment clé de la formation des ingénieurs. Adapté au contexte togolais, ce dispositif vise à introduire une pédagogie plus interactive et tournée vers la résolution de problèmes réels.
Au-delà de l’exercice académique, les organisateurs souhaitent ainsi créer un véritable espace d’expérimentation où étudiants, enseignants et acteurs économiques peuvent dialoguer autour de l’innovation technologique.
Pour les entreprises partenaires, l’intérêt est également évident : elles bénéficient d’un regard neuf sur leurs problématiques, tout en identifiant de potentiels talents parmi les étudiants participants.
Former les ingénieurs de demain
Pour les responsables de l’Université de Lomé, l’événement s’inscrit dans une stratégie plus large visant à moderniser les méthodes d’apprentissage et à mieux préparer les étudiants aux exigences du marché du travail.
Komlan Batawila, premier vice-président de l’université, voit dans cette nouvelle édition un véritable « laboratoire d’idées ». Selon lui, ce type d’initiative permet de stimuler l’innovation et de révéler la capacité des étudiants à répondre aux défis technologiques et sociétaux contemporains.
Même son de cloche du côté du directeur de l’École polytechnique de Lomé, le professeur Kondo Hloindo Adjallah, qui a encouragé les participants à faire preuve d’audace et de créativité. Pour lui, l’objectif est clair : pousser les étudiants à mobiliser leurs compétences techniques pour proposer des solutions adaptées aux besoins concrets des entreprises et de la société.
Dans un contexte où les économies africaines accélèrent leur transition numérique, ce type d’initiative pourrait contribuer à faire émerger une nouvelle génération d’ingénieurs et d’innovateurs capables d’accompagner la transformation technologique du continent.





































