jeudi, octobre 15, 2026
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Cartographie : le Togo fait voter à l’ONU une résolution pour mieux représenter l’Afrique

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L’Afrique veut-elle changer la manière dont le monde la regarde ? À New York, le Togo a porté cette question jusque dans l’enceinte de l’Assemblée générale des Nations unies. Le 4 septembre, les États membres ont adopté une résolution appelant à une représentation plus fidèle de la taille réelle des continents sur les cartes du monde. Portée par Lomé au nom du Groupe africain, l’initiative a recueilli 164 voix, contre une seule opposition, celle des États-Unis, et six abstentions.

Baptisé « Correct the Map », le texte recommande aux gouvernements, organisations internationales, établissements scolaires et entreprises technologiques de privilégier, lorsque cela est pertinent, des projections cartographiques respectant mieux les superficies réelles des territoires.

Derrière ce débat apparemment technique se joue une bataille de représentations. La projection de Mercator, utilisée depuis le XVIe siècle notamment pour la navigation, déforme en effet visuellement les territoires à mesure qu’ils s’éloignent de l’équateur. L’Afrique, avec ses quelque 30,3 millions de km², apparaît ainsi proportionnellement bien plus petite qu’elle ne l’est réellement. Le Groenland, près de quatorze fois moins vaste, peut notamment sembler comparable au continent africain.

À New York, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a défendu l’idée que les cartes ne sont pas neutres. Elles « façonnent notre compréhension du monde », a-t-il souligné, estimant qu’elles influencent l’éducation, l’imaginaire collectif et les perceptions des peuples.
Pour Lomé et ses partenaires africains, cette démarche relève ainsi d’une forme de « justice cognitive », visant à corriger des représentations héritées de l’histoire.

La victoire diplomatique reste toutefois symbolique. Non contraignante, la résolution ne remet pas en cause l’usage de Mercator pour la navigation. Son véritable impact dépendra désormais de son adoption par les systèmes éducatifs, les institutions et les grandes plateformes numériques.