jeudi, octobre 15, 2026
Accueil A la une Economie bleue, industrie,… : Faure Gnassingbé dévoile les ambitions du Togo devant...

Economie bleue, industrie,… : Faure Gnassingbé dévoile les ambitions du Togo devant les médias chinois

0
159

Devant des médias chinois, le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, a exposé le lundi 12 octobre 2026, les ambitions de Lomé en matière de sécurité maritime, de développement de l’économie bleue et de gouvernance des océans. Au cœur de cette stratégie, une priorité : faire du port de Lomé davantage qu’une plateforme de transit, en renforçant sa contribution à la transformation productive du Togo.

Face aux médias chinois, le dirigeant a articulé sa vision autour de trois axes : la sécurisation des espaces maritimes, la création de valeur économique et la maîtrise des connaissances et des technologies marines. Une approche qui lie directement les enjeux de souveraineté économique aux capacités du pays à mieux exploiter sa position sur les routes commerciales internationales.

Sécurité maritime : protéger les routes commerciales

Premier chantier, la sécurité dans le golfe de Guinée. Le Togo participe à la coopération régionale pour préserver la liberté de navigation, lutter contre les trafics illicites et protéger les espaces maritimes. Pour Faure Gnassingbé, la Chine, compte tenu de son poids dans le commerce mondial, peut contribuer au renforcement des capacités africaines.

L’enjeu dépasse la seule sécurité des navires. Les perturbations sur les grandes routes maritimes affectent les économies du continent à travers les coûts de transport, les prix de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement. Pour un pays dont le port constitue une infrastructure commerciale majeure, la stabilité des échanges reste un impératif économique.

Port de Lomé : dépasser le transbordement

Deuxième axe, la transformation du modèle économique maritime. Le port de Lomé, présenté par le dirigeant comme le premier port à conteneurs d’Afrique de l’Ouest, doit générer davantage de retombées pour l’économie nationale.

« Ce que nous voulons, ce n’est pas d’augmenter le trafic, mais de capter plus de valeur », a-t-il souligné.

Cette ambition suppose de mieux articuler les activités portuaires avec les zones industrielles, les services logistiques, la formation professionnelle et les entreprises locales. L’objectif est de convertir les flux de marchandises en activités productives, en emplois et en revenus pour l’économie togolaise.

Faure Gnassingbé cite l’expérience chinoise, où les infrastructures portuaires sont associées à des parcs industriels et à des écosystèmes de production. Pour Lomé, le défi consiste ainsi à renforcer les liens entre le port, les unités de transformation et les services à forte valeur ajoutée.

Économie bleue : investir dans les compétences

Troisième priorité, la maîtrise des savoirs. Le Togo entend renforcer ses capacités scientifiques et technologiques afin de participer davantage à la gouvernance mondiale des océans. Le président du Conseil plaide pour des partenariats entre centres de recherche chinois et africains, le partage des données et la formation de spécialistes.

Cette ambition rejoint le débat sur l’accord BBNJ relatif à la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales. Soutenant la candidature de Xiamen pour accueillir son secrétariat, Faure Gnassingbé estime que l’enjeu central sera la capacité de cette institution à aider les pays en développement à participer effectivement à la gouvernance des océans.

Pour Lomé, l’objectif est donc double : consolider la place du port dans les échanges internationaux et acquérir les compétences nécessaires pour tirer davantage profit de l’économie maritime.