L’Université de Lomé accueille, les 29 et 30 septembre 2026, un colloque international consacré à la diversité linguistique, aux droits linguistiques et à l’avenir des métiers de la traduction à l’ère de l’intelligence artificielle. Placée sous le thème « Diversité des langues et droits linguistiques : le pouvoir de se faire comprendre », la rencontre entend examiner le rôle des langues dans l’inclusion, le développement et la cohésion sociale.
L’initiative est portée par l’Équipe de recherche sur les langues africaines en mutations (EReLAM) de l’Université de Lomé, en collaboration avec le Laboratoire de recherche en langues, littérature, culture et civilisation anglophones (LaReLLiCCA), l’Association des interprètes de conférence du Togo (AICT) et le Centre international de langues de Lomé (CI2L). Elle réunit chercheurs, enseignants-chercheurs, linguistes, traducteurs, interprètes, terminologues, étudiants et acteurs institutionnels.
Pour les organisateurs, les enjeux linguistiques dépassent la seule question de la communication. « Le droit de chaque individu à utiliser sa langue et à accéder à l’information dans une langue qu’il comprend est désormais reconnu comme un droit fondamental », souligne Akponi Tarno, président du comité d’organisation.
Dans la santé, l’éducation, la justice, l’administration ou les programmes de développement, l’accès à une information compréhensible peut conditionner l’appropriation des politiques publiques et l’accès aux services. La traduction, l’interprétation et la médiation linguistique apparaissent ainsi comme des outils susceptibles de faciliter l’accès aux droits. Elles peuvent également contribuer à renforcer la cohésion sociale et la participation citoyenne.
Les travaux s’articulent autour de cinq axes : diversité linguistique et droits linguistiques ; traduction, interprétation et médiation interculturelle ; intelligence artificielle et technologies de la traduction ; langues africaines, gouvernance et développement durable ; littérature et droits linguistiques.
Le colloque s’intéresse particulièrement à la place des langues africaines dans l’éducation, la santé, la justice et l’administration, ainsi qu’à leur prise en compte dans les politiques publiques.
Les mutations technologiques occupent également une place importante dans les échanges. Traduction neuronale, grands modèles de langage, intelligence artificielle générative et outils de traduction assistée par ordinateur transforment progressivement les pratiques professionnelles. Les participants doivent ainsi réfléchir aux compétences que devront développer les traducteurs et interprètes dans cet environnement.
À l’issue du colloque, les organisateurs souhaitent formuler des recommandations pour promouvoir les langues africaines, renforcer les collaborations entre universités et professionnels et créer un réseau de chercheurs sur les politiques linguistiques, la traduction et l’interprétation. Une feuille de route pour mieux intégrer les langues africaines dans les services publics est également attendue.








































