Le District autonome du Grand Lomé (DAGL) a engagé depuis le 2 novembre 2026, une deuxième phase de lutte contre les occupations anarchiques du domaine public. Après les interventions sur le littoral, cette nouvelle opération cible les trottoirs et les emprises des principaux axes routiers des treize communes de la capitale togolaise. L’annonce officielle a été faite le mercredi 4 novembre à Lomé, lors d’une conférence de presse présidée par Zouréhatou Kassah-Traoré, gouverneur du DAGL et présidente du comité ad hoc chargé de la lutte contre les occupations anarchiques du domaine public.
Dans plusieurs quartiers du Grand Lomé, les trottoirs sont progressivement investis par des étals, des kiosques, des garages et diverses installations commerciales. Ces occupations contraignent les piétons à circuler sur la chaussée, augmentant leur exposition aux accidents. Elles compliquent également les déplacements des véhicules, notamment ceux des services de secours, de livraison et de collecte des déchets.
Malgré une précédente opération de désencombrement menée en 2023, le phénomène persiste. Pour les autorités, la situation affecte à la fois la mobilité urbaine, la sécurité des personnes et l’attractivité de la capitale. « Rendre le trottoir aux piétons, c’est sauver des vies », a déclaré Zouréhatou Kassah-Traoré, estimant qu’une ville mieux organisée constitue également un facteur d’attractivité pour les investisseurs et les touristes.
L’enjeu économique du désencombrement
La nouvelle opération soulève toutefois une question sociale et économique : celle du devenir des commerçants et artisans installés sur les espaces concernés. Le commerce de rue représente une source de revenus pour de nombreux ménages, dans un contexte où les infrastructures marchandes ne suffisent pas toujours à accueillir l’ensemble des opérateurs.
La gouverneure assure que l’objectif n’est pas de compromettre ces activités, mais de favoriser leur installation dans des espaces appropriés. L’enjeu consiste donc à concilier la préservation du domaine public avec les moyens de subsistance des petits commerçants.
Cette dimension sera déterminante pour la portée de l’opération. Sans solutions de relocalisation adaptées et accessibles, les déguerpissements risquent de déplacer le problème plutôt que de le résoudre, avec des conséquences sur les revenus des acteurs concernés.
Une coordination entre les treize communes
La mise en œuvre repose sur une organisation concertée entre le DAGL, les préfectures et les municipalités. Les treize maires sont chargés de transmettre leurs plans d’action et de conduire les interventions dans leurs communes respectives, sous la coordination du District.
Le comité ad hoc compte 23 membres issus de sept départements ministériels, couvrant notamment les finances, l’environnement, l’urbanisme, la sécurité, les droits de l’homme et l’économie maritime.
À travers cette deuxième phase, les autorités ambitionnent de rétablir la circulation sur les axes concernés et d’améliorer le cadre de vie urbain. Reste à savoir si cette opération sera accompagnée de mesures durables permettant d’organiser les activités commerciales de rue sans fragiliser les revenus des ménages qui en dépendent.






































