Le Togo et la Turquie prévoient de mettre en place un corridor logistique direct entre le Port de Lomé et le Port de Mersin. Le projet, évoqué à Lomé lors des échanges entre le ministre délégué chargé de l’Économie maritime, Kokou Edem Tengue, et l’ambassadrice turque Muteber Kılıç, devrait être formalisé par un mémorandum d’entente en préparation.
L’initiative vise à fluidifier les flux commerciaux, réduire les délais de transit et renforcer la compétitivité des deux plateformes portuaires. Pour Ankara, l’intérêt est stratégique : s’appuyer sur la position géographique de Lomé pour pénétrer plus efficacement les marchés de l’hinterland ouest-africain, notamment le Burkina Faso, le Niger et le Mali, dont l’accès à la mer demeure un enjeu logistique majeur.
Mersin, premier port turc pour le trafic de conteneurs, constitue une interface entre l’Anatolie, l’Asie centrale et le bassin méditerranéen. En miroir, Lomé poursuit sa stratégie de hub régional, capitalisant sur ses infrastructures modernisées, sa zone portuaire en expansion et son rôle croissant dans les chaînes d’approvisionnement sous-régionales. Le corridor envisagé pourrait ainsi consolider les échanges entre l’Afrique de l’Ouest et les marchés méditerranéens.
Au-delà du maritime, la coopération bilatérale pourrait s’étendre aux zones industrielles, notamment dans le textile et l’énergie, secteurs dans lesquels les entreprises turques affichent un intérêt croissant. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de forte progression des échanges commerciaux entre les deux pays, passés de 128 millions de dollars en 2021 à environ 270 millions en 2025.
Pour Lomé, la création d’une liaison logistique directe apparaît comme un levier pour renforcer l’attractivité du port togolais et soutenir son ambition de plateforme incontournable du commerce régional.






































