Nomination du gouvernement : un faux débat entretenu par l’ANC ?

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La récente sortie de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), dénonçant l’adoption de la Constitution de la Ve République et pointant une prétendue omission concernant la nomination des membres du gouvernement, est selon Lomé l’émanation d’une longue tradition d’incompréhension du cadre institutionnel togolais.

En effet, Jean-Pierre Fabre et son parti persistent à qualifier le processus constitutionnel de « catimini », malgré les débats publics, la tournée nationale de consultations et l’adoption du texte par une Assemblée nationale. En contestant de manière récurrente un processus pourtant conforme à la Constitution de 1992, selon le gouvernement, « l’ANC semble raviver un débat politique qu’elle peine à encadrer juridiquement ».

L’essentiel de la critique formulée le 1er décembre 2025 par le parti orange porte sur une prétendue incohérence du texte, notamment l’absence d’une indication explicite sur l’autorité chargée de nommer les membres du gouvernement. « Or, l’architecture constitutionnelle est claire : elle établit un régime parlementaire où le Président du Conseil, chef du gouvernement, détermine la politique de la Nation, préside les Conseils des ministres et compose librement son équipe », répond le gouvernement.

La lecture combinée des articles 46 et 50 lève toute ambiguïté : comme dans tout régime parlementaire classique, le chef du gouvernement nomme ses ministres. « Y voir une lacune relève davantage d’une faiblesse d’analyse que d’une faille juridique », indique le pouvoir de Lomé.

« Au-delà du débat technique, cette polémique révèle un malaise plus profond : la difficulté persistante d’une partie de la classe politique togolaise à s’approprier les règles d’un régime parlementaire rénové. Le rôle d’un parti politique est d’éclairer l’opinion, non de semer le doute en entretenant des approximations constitutionnelles » souligne-t-on dans le rang du pouvoir en place.

À un moment où le pays aborde un tournant décisif de son développement et affronte un environnement sécuritaire régional instable, les formations d’opposition devraient porter une responsabilité particulière : contribuer au débat national sans affaiblir la compréhension collective des institutions.