Au Togo, la Journée internationale des droits des femmes n’a pas été célébrée à la date du 8 mars au ministère de l’Éducation nationale. Mais le décalage n’a en rien atténué la portée du message. Le 27 mars 2026, dans les locaux du cabinet ministériel, femmes fonctionnaires et responsables hiérarchiques se sont réunis pour une commémoration sobre, tournée vers l’introspection et l’action.
Derrière les discours convenus, un constat s’impose : celui d’un décalage persistant entre les ambitions affichées en matière d’égalité et la réalité institutionnelle. « Droits, justice, action pour toutes les femmes et les filles », thème international retenu cette année, fait écho à l’un des axes stratégiques du ministère, centré sur l’équité d’accès à l’éducation. Pour Françoise Simala, responsable de la cellule genre, la mobilisation observée lors de cette rencontre traduit une prise de conscience progressive au sein de l’appareil éducatif.
Mais c’est le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, qui a donné le ton en rompant avec toute tentation de célébration symbolique. « Le 8 mars ne doit pas se réduire à une simple occasion festive », a-t-il insisté, appelant à en faire un levier de transformation. Dans son intervention, le ministre a surtout mis en lumière les angles morts de son administration : la faible représentation des femmes dans les sphères décisionnelles.
Les chiffres qu’il avance sont sans appel. Une seule femme occupe aujourd’hui un poste de directrice régionale de l’éducation, aucune ne dirige une inspection de l’enseignement secondaire, et les directions centrales restent largement dominées par les hommes. Un déséquilibre que le ministre reconnaît sans détour, promettant des ajustements « avec tact mais avec justice ».
Au-delà des questions de gouvernance interne, c’est toute la problématique de la scolarisation des filles qui refait surface. Grossesses précoces, violences basées sur le genre, normes sociales contraignantes : les obstacles demeurent nombreux. Pour Mama Omorou, l’enjeu dépasse le cadre éducatif. « L’éducation des filles n’est pas une faveur », martèle-t-il, mais une condition du développement.
Dans un pays où l’école reste l’un des principaux vecteurs de mobilité sociale, la promotion de l’égalité passe d’abord par les salles de classe. Reste à traduire les engagements en actes.





































