Au Togo, la transformation locale du karité franchit un nouveau cap. La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) a approuvé, les 25 et 26 mars 2026 à Dakar, un financement de 6 milliards de FCFA en faveur de Label d’Or SA, une entreprise togolaise spécialisée dans la transformation d’amandes de karité. Cet appui vise à soutenir l’extension des capacités industrielles de la société et à renforcer son positionnement sur un segment à plus forte valeur ajoutée.
Concrètement, le projet prévoit une augmentation de la capacité de transformation des amandes biologiques, qui passera de 9 000 à 15 000 tonnes par an. Parallèlement, une nouvelle ligne de production dédiée aux amandes conventionnelles sera mise en place, avec une capacité estimée entre 30 000 et 50 000 tonnes par an. Cette extension intégrera une unité d’extraction au solvant (SEP), permettant d’améliorer les rendements et d’optimiser la valorisation de la matière première.
À terme, Label d’Or ambitionne de se doter d’une plateforme industrielle intégrée, alignée sur les standards des grandes unités de transformation de la sous-région. Ce développement devrait également générer des retombées socio-économiques significatives, avec la consolidation et la création de plus de 160 emplois directs et près de 200 emplois indirects.
Au cœur de cette dynamique, la chaîne d’approvisionnement, largement féminisée, devrait bénéficier de retombées importantes. Plus de 33 000 collectrices d’amandes de karité sont concernées, avec des perspectives d’amélioration des revenus, de sécurisation des débouchés et de structuration des partenariats.
Installée à Gbatopé, dans la préfecture de Zio, l’usine de Label d’Or, inaugurée en 2023, représente un investissement initial de 1,8 milliard de FCFA, soutenu notamment par l’USAID. L’unité affiche une capacité actuelle de 30 tonnes d’amandes par jour, soit environ 4300 tonnes de beurre de karité par an, pour un chiffre d’affaires cible estimé à 7 millions d’euros.
L’entreprise bénéficie par ailleurs de l’accompagnement de la Société Financière Internationale (IFC), qui appuie sa structuration financière, sa conformité aux normes environnementales et sociales (ESG) ainsi que son accès aux financements. Cette opération s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation locale du karité au Togo, encore majoritairement exporté à l’état brut.





































