Faure Gnassingbé : « l’indépendance n’est pas un héritage. C’est une responsabilité »

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À l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance du Togo, célébré ce 27 avril 2026, le président du Conseil, Faure Gnassingbé s’est adressé à la Nation à travers un discours articulé autour d’une idée centrale : l’indépendance ne relève plus du symbole, mais d’une exigence quotidienne. Dans son adresse à la nation, le chef de l’exécutif a esquissé les contours d’un projet politique inscrit dans la durée, à l’heure où le pays, comme nombre d’États africains, est confronté à des défis sécuritaires, économiques et sociaux persistants.

Dès les premières lignes, le président convoque la mémoire collective, rappelant que l’indépendance acquise en 1960 fut « un moment de courage » et « un combat pour la maîtrise de notre destin » . Mais loin de s’en tenir à une commémoration classique, il opère un glissement vers le présent et l’avenir : « l’indépendance n’est pas un héritage. C’est une responsabilité ». Une manière de repositionner le débat national autour de la capacité du pays à transformer cette souveraineté juridique en souveraineté réelle.

Dans un contexte international qualifié « d’incertain, instable et exigeant », le dirigeant togolais insiste sur la nécessité de renforcer la résilience de l’État. La souveraineté, souligne-t-il, ne peut plus être un principe abstrait : elle suppose de réduire les dépendances extérieures, de sécuriser les ressources stratégiques et de faire face aux chocs, notamment dans une région marquée par les tensions sécuritaires. Une lecture qui s’inscrit dans une tendance plus observée en Afrique de l’Ouest, où les questions de sécurité et d’autonomie économique occupent désormais une place centrale dans les discours politiques.

Le chef de l’État reconnaît explicitement les attentes des populations, évoquant l’emploi des jeunes, l’accès aux services essentiels (eau, électricité, santé, éducation) ainsi que la réduction des inégalités territoriales . « Des résultats. Pas des promesses », martèle-t-il, dans une formule qui sonne comme une réponse aux critiques récurrentes sur l’efficacité de l’action publique.

Au cœur de cette intervention, une feuille de route pour les six prochaines années se dessine, structurée autour de trois axes : « Protéger, Rassembler, Transformer ». Trois verbes présentés non comme des slogans, mais comme les piliers d’une action gouvernementale appelée à se traduire dans le quotidien des citoyens. Protéger, d’abord, en assurant la sécurité du territoire, notamment dans les zones septentrionales exposées, mais aussi en garantissant les conditions d’une vie digne. Rassembler, ensuite, en renforçant la cohésion nationale et en réduisant les fractures sociales et régionales. Transformer, enfin, en modernisant et en favorisant la création de valeur locale, notamment à travers l’industrialisation et le développement des infrastructures.

Cette dernière dimension économique occupe une place notable dans le discours. Le président insiste sur la nécessité de produire et transformer localement, de développer les compétences et d’adapter la formation aux besoins du marché. Une ambition qui passe également par le renforcement des infrastructures logistiques et industrielles, à l’image du port de Lomé ou des zones économiques spéciales, appelées à jouer un rôle moteur dans la croissance.

Au-delà des orientations politiques, le discours se distingue par une volonté affichée d’ouverture. Le chef de l’État annonce ainsi une phase de concertation avec les institutions, le secteur privé, la société civile et les partenaires internationaux, en vue d’enrichir la future feuille de route. Une démarche qui s’inscrit dans le cadre de la Ve République, censée promouvoir une gouvernance plus participative et plus responsable.