La première édition du Structured Finance Africa Forum (SFA), prévue le 25 septembre 2025 à Dakar, a été présentée le jeudi 31 juillet 2025 lors d’une conférence de presse virtuelle. Placé sous le thème « Innovations financières et transformation structurelle des économies africaines : titrisation, financements durables et souveraineté », l’événement se propose de rassembler les acteurs du monde financier pour réfléchir aux solutions innovantes à même de répondre aux défis de financement que connaît le continent.
Porté par Invictus Capital & Finance, KF Titrisation et Development Finance Advisory (DFA), trois cabinets engagés dans l’ingénierie financière en Afrique de l’Ouest, le forum intervient dans un contexte marqué par des tensions budgétaires persistantes et une faiblesse chronique du financement des infrastructures, évaluée à plus de 108 milliards de dollars par an. Les organisateurs soulignent que les mécanismes traditionnels de financement ont atteint leurs limites face à des besoins croissants, désormais estimés à plus de 130 milliards de dollars annuels. Pour eux, il devient urgent de mobiliser des instruments financiers plus adaptés aux réalités africaines.
D’après Moustapha Faye, directeur général de KF Titrisation, l’ambition de ce rendez-vous se définie comme celle d’un espace de dialogue structuré entre acteurs publics et privés. Il évoque une volonté de co-construction et d’évaluation des politiques publiques, dans une logique de transformation économique fondée sur la confiance mutuelle. « Il est question de changer de paradigme dans les relations entre les Africains et leurs partenaires financiers », a-t-il précisé. La perspective, selon lui, n’est pas seulement technique, mais aussi politique et stratégique.
De son côté, Isaac Mbaye, directeur général d’Invictus Capital & Finance, note qu’il y a nécessité de passer d’un financement classique à une ingénierie financière « plus ambitieuse, inclusive et ancrée dans nos réalités régionales ». Il appelle ainsi donc à l’élaboration collective de solutions structurées, susceptibles de libérer l’investissement public et privé dans les pays ouest-africains.
Un cap que partage également Nafissatou Diagne, directrice générale de DFA, pour qui le forum doit permettre d’aligner les approches des acteurs clés autour d’objectifs communs. « Financer la transformation structurelle de nos économies va bien au-delà de l’utilisation d’instruments financiers. Cela suppose une synergie d’action entre décideurs, investisseurs et opérateurs économiques », résume-t-elle.
Plusieurs personnalités sont annoncées parmi les intervenants : Félix Edoh Kossi Amenounve, directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), Christopher Chijiutomi, en charge de l’Afrique à la British International Investment (BII), Oulimata Ndiaye Diassé de UMOA Titres, Anouar Hassoune de GCR Ratings, Ghislaine Samaké d’Ecobank Guinée Bissau, Omar Cissé du groupe In Touch, Ouns Lemseffer du cabinet Clifford Chance, ou encore Serge Thiémélé, fondateur de First Capital SA.
L’ambition du forum est de proposer une approche intégrée du financement, en s’appuyant sur cinq axes thématiques structurants. Il s’agira d’abord de dresser un état des lieux du marché africain de la titrisation et d’en explorer les perspectives, notamment en matière de mobilisation de l’épargne locale. La question du cadre réglementaire sera également centrale, avec une attention particulière à la fiscalité, à la notation et à la stabilité juridique, éléments jugés cruciaux pour susciter la confiance des investisseurs.
La thématique du commerce intra-africain et du financement du commerce (trade finance) figure également parmi les priorités. Elle sera abordée à travers la recherche de mécanismes de sécurisation des importations stratégiques et le développement de chaînes de valeur régionales. Autre enjeu soulevé : le financement d’infrastructures à fort impact social et environnemental, qui suppose la mise en œuvre de montages hybrides mobilisant à la fois ressources publiques et privées. Enfin, le soutien aux petites et moyennes entreprises, ainsi qu’aux très petites entreprises, sera discuté sous l’angle des synergies possibles entre les fintech, la microfinance et les outils de structuration financière.
Au-delà des débats, les organisateurs veulent poser les bases d’un changement de cap en matière de financement du développement sur le continent. Ils plaident pour la création d’un écosystème africain de la finance, capable d’articuler innovation, inclusion et souveraineté, en vue d’accompagner une transformation durable des économies.





































