L’événement « Ma Journée à la Ferme », organisé en prélude à l’ouverture du Festival La Marmite (Fesma), s’est tenu pour la deuxième année consécutive le dimanche 3 août 2025 à Amoussoukopé, sur le site de « Cultibaterre », vaste domaine agricole niché à une vingtaine de kilomètres de la nationale numéro 3. Une immersion mémorable pour les quelque 300 participants (enfants, jeunes et adultes) venus revivre le quotidien authentique des habitants du village.
Transportés à bord de bus confortables ou de véhicules personnels, les festivaliers ont parcouru près de deux heures de route, alternant bitume et sentiers bordés d’arbres, formant un écrin de fraîcheur. L’accueil, chaleureux et soigneusement préparé, a donné le ton de la journée : dressage rustique des tables, galettes croustillantes, jus de fruits locaux, boissons traditionnelles et bouillis servis dans des contenants en bois ou sur des feuilles de teck faisant office d’assiettes. Une file gourmande s’est lentement formée, chacun s’empressant de savourer les spécialités locales.
Rapidement, les visiteurs ont été conviés à une visite guidée des lieux, sous la conduite de Jean-Louis, le guide de la ferme. Le parcours a permis de découvrir un cheptel diversifié : poules, lapins, dindons, canards, tortues, puis, plus impressionnants, des crocodiles confinés derrière des murs de sécurité, à quelques mètres seulement d’un jardin potager.
Mais c’est surtout l’atelier de travaux champêtres qui a conquis les adolescents. Initiés aux techniques de semis, ils ont pu expérimenter eux-mêmes la mise en terre de graines de piment, d’épinard, de tomate, entre autres. L’activité, ludique et pédagogique, a suscité une émulation contagieuse, les enfants rivalisant d’enthousiasme pour marquer leur passage à la ferme. L’étape s’est conclue par la visite d’un barrage à l’extrémité du domaine, servant à la fois de retenue d’eau, de bassin d’élevage piscicole et d’exutoire pour les eaux de ruissellement.
Pendant ce temps, les « mamans marmite » et chefs cuisiniers s’activaient entre marmites fumantes, pilons en action, viandes et poissons au feu de bois, pour offrir un déjeuner riche et savoureux. Riz, fufu, pinon (mets à base de farine de manioc), pâte, agrémentés de sauces variées aux viandes, poissons ou crabes, ont été servis dans des assiettes en terre cuite, dans le respect des traditions villageoises.
L’après-midi a laissé place aux animations : danses, jeux, amusements d’enfance ont rythmé les heures, créant une atmosphère festive et intergénérationnelle, où enfants, jeunes et adultes se mêlaient dans une belle convivialité.
Alors que la pluie fine commençait à tomber vers 18 heures, les organisateurs ont offert aux visiteurs une ultime expérience gustative : dégustation de spécialités fermières telles que le poulet cuit au canari et le bœuf fumé à l’ancienne, suspendu au bois au-dessus d’un foyer creusé à même le sol. Une scène si appétissante que peu souhaitaient regagner les bus sans y goûter.
Un événement à pérenniser
Les festivaliers n’ont pas dissimulé leur satisfaction. Pour Fati, mère de famille venue avec sa fille, « Ma Journée à la Ferme » est une initiative enrichissante, notamment pour la valorisation des mets locaux, des musiques et danses traditionnelles dans un environnement naturel. « C’est une belle immersion, une façon de reconnecter nos enfants à nos racines, à ce que nous avons vécu nous-mêmes au village », a-t-elle confié, visiblement émue.
Même son de cloche chez Hélène, facilitatrice dans un projet de l’OADEL. « Ce genre d’événement est rare. Rien que le trajet nous a fait sentir que nous allions vivre quelque chose d’authentique. L’accueil a été chaleureux, la vue sur la route superbe », témoigne-t-elle avant d’énumérer ses moments favoris : les semis au jardin, les animations, les jeux… « Certains participants m’ont dit vouloir reproduire l’expérience chez eux avec un petit potager pour manger bio. Et puis l’ambiance était si détendue ! J’ai dansé comme jamais. Les mets aussi étaient excellents, surtout le fufu. J’ai redécouvert des plats qu’on ne cuisine presque plus à la maison. J’espère que les prochaines éditions seront encore meilleures. »
Brice Laurent Doubois, chef cuisinier antillais, vivait quant à lui sa première expérience en Afrique de l’Ouest grâce au Fesma. Enthousiaste, il a salué le concept : « On connaît les plats, mais rarement les produits à l’état brut. Cette immersion permet de rencontrer les maraîchers, les poissonniers, de voir l’origine des ingrédients. » Il a aussi apprécié l’ambiance bon enfant, les jeux comme le baby-foot, et la découverte d’autres jeux traditionnels. « Ce sont ces moments qui marquent l’enfance et forgent la mémoire. Ils inspireront sans doute les jeunes générations à préserver ces traditions. »
La 4e édition du Festival La Marmite (FESMA) se tiendra du 6 au 10 août 2025 à CanalOlympia Godopé, sur l’Avenue de la Libération à Lomé, près du marché de Hanoukopé. Fidèle à son objectif de promotion du « consommer local », l’événement mettra en lumière la richesse culinaire togolaise et africaine. Le thème retenu pour cette édition : « Femmes, agriculture et alimentation ».