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Au Sud du Togo, la petite saison des pluies s’annonce tardive

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La prévision de la petite saison des pluies au Sud du Togo, sur la période de septembre à novembre prochain, annonce des précipitations globalement normales à excédentaires, mais avec un démarrage tardif, une fin précoce et de longues séquences sèches en début de saison. C’est ce qu’a indiqué l’Agence nationale de la météorologie (ANAMET), mardi 1er septembre 2026, lors d’une conférence de presse.

Selon les résultats de la prévision saisonnière présentés aux professionnels des médias, la période de septembre à novembre au Sud du Togo devrait connaître une pluviométrie allant de normale à excédentaire. « Autrement dit, le cumul des précipitations attendu sur ces trois mois pourrait être légèrement supérieur à la normale climatique de référence reconnue par l’Organisation météorologique mondiale, qui va de 1991 à 2020 », a expliqué le directeur général de l’ANAMET, Dr Latifou Issaou.

Cette pluviométrie devrait avoir une incidence sur la situation hydrologique du pays, qui s’annonce globalement normale dans les différents bassins. Le Togo compte notamment les bassins de l’Oti, du Mono et du lac Togo. « Dans l’ensemble de ces bassins, les niveaux hydrologiques devraient rester dans la normale, avec toutefois une portion du bassin de l’Oti, dans la partie nord-ouest, qui va connaître une situation excédentaire », a détaillé M’poh N’koyi, chef de la division climatologie chargé de la base de données à l’ANAMET.

Mais au-delà de la quantité globale de pluie attendue, les experts attirent particulièrement l’attention sur la répartition des précipitations dans le temps, qui pourrait avoir des conséquences importantes sur les activités agricoles. Pour eux, le cumul total ne suffit pas à déterminer si une saison sera favorable aux agriculteurs. La répartition des pluies dans le temps est tout aussi déterminante. Une quantité importante de pluie concentrée sur quelques épisodes peut, en effet, coexister avec des périodes sèches suffisamment longues pour perturber les cultures.

Un démarrage tardif et une fin précoce

Le principal signal d’alerte concerne le calendrier de la saison. Les experts prévoient un démarrage tardif des pluies dans toute la zone bimodale, une situation déjà perceptible dans plusieurs localités, notamment dans la région Maritime.

Alors que le mois de septembre est déjà entamé, les pluies conséquentes se font encore attendre. Cette arrivée tardive des précipitations risque de réduire la durée effective de la campagne agricole. Les producteurs disposent ainsi d’une fenêtre culturale plus courte pour réaliser leurs activités, alors même que la fin de la saison est, elle aussi, annoncée comme pouvant être précoce.

Les prévisions indiquent en outre une fin de saison précoce dans les Plateaux et la Maritime, qui pourrait intervenir vers le début du mois de novembre, alors que la période normale se situerait plutôt autour de la mi-novembre. « Cette combinaison d’un démarrage tardif et d’une fin précoce pourrait donc entraîner un raccourcissement significatif de la saison agricole », ont précisé les responsables de l’ANAMET.

Au-delà du raccourcissement de la saison agricole, les agriculteurs devront également composer avec de longues pauses dans les précipitations. Selon les explications du chef de la division climatologie, les prévisions indiquent des séquences sèches longues et anormales en début de saison, c’est-à-dire des périodes de plusieurs jours sans précipitations après le démarrage des pluies. Pour les agriculteurs, ces interruptions peuvent être particulièrement préoccupantes lorsqu’elles surviennent après les semis, car elles peuvent compromettre la germination et le développement des cultures.
En revanche, les séquences sèches attendues en fin de saison devraient être relativement courtes.

Les producteurs invités à anticiper

Face à cette configuration, les services météorologiques invitent les agriculteurs à anticiper leurs activités, particulièrement ceux qui envisagent une deuxième ou une troisième campagne agricole. La préparation des terrains peut notamment commencer sans attendre l’installation complète des pluies, afin de profiter au maximum de la période favorable disponible.

Il est également demandé aux agriculteurs de privilégier non seulement des semences à cycle court, dont la végétation ne dépasse pas 65 à 70 jours pour produire, plutôt que celles qui nécessitent 100 à 120 jours, mais aussi de pratiquer la culture intercalaire ou associée. « Cette démarche permet de limiter considérablement les pertes agricoles, car en cas d’échec d’une culture, l’autre culture associée sur la même parcelle peut, elle, arriver à terme », a indiqué Agniga Tcha, cheffe de la division agrométéorologie à l’ANAMET.

La gestion rationnelle des ressources en eau au niveau des barrages hydroélectriques et des aménagements hydro-agricoles, l’irrigation complémentaire et la promotion des activités génératrices de revenus, surtout pour les jeunes et les femmes, sont vivement recommandées.

Des risques à surveiller dans plusieurs secteurs

La prévision saisonnière ne concerne toutefois pas uniquement le secteur agricole. Les informations météorologiques sont utiles à une multitude d’acteurs : gestionnaires des risques et catastrophes, gestionnaires des ressources en eau, aviateurs, marins, chauffeurs et responsables de projets de développement.

Une pluviométrie normale à excédentaire peut notamment s’accompagner d’une présence plus fréquente de systèmes nuageux importants et de phénomènes météorologiques susceptibles de générer des vents violents et, par ricochet, des inondations. Les responsables de la gestion des catastrophes sont donc invités à prendre des mesures préventives, notamment pour sécuriser les infrastructures et les habitations. Il est également conseillé aux populations d’éviter l’occupation des zones inondables.

Il faut noter que cette conférence de presse constitue une tradition respectée par l’ANAMET. Elle offre à l’agence l’occasion d’inviter les journalistes à jouer pleinement leur rôle dans la diffusion de ces informations, notamment auprès des populations les plus vulnérables et les plus éloignées.
« Nous avons fait notre travail, nous avons élaboré et validé les produits. Aujourd’hui, nous venons officiellement de mettre ces résultats à votre disposition », a souligné le DG, Dr Latifou Issaou, invitant les médias à contribuer à ce que l’information climatique atteigne « le dernier kilomètre ».