Droits des femmes : les journalistes togolaises formées pour devenir des ambassadrices genre

0
398

Dans la continuité de son engagement, celui de la promotion de l’égalité du genre au sein de la société togolaise, l’Association Ekina et son média EkinaMag, avec l’appui du Fonds Pananetugri, ont organisé un atelier de formation et de renforcement de capacités à l’intention de 25 journalistes togolais, en majorité des femmes. Tenue les 25 et 26 juin 2026 à l’IFAD Bâtiment, cette session était placée sous le thème « Comprendre et défendre les droits des femmes dans les médias au Togo ».

Cette formation s’inscrit dans la continuité du projet « Implication des médias dans la lutte contre les violences basées sur le genre et les stéréotypes », mis en œuvre en 2024 par l’Association Ekina et EkinaMag avec le soutien du Fonds Pananetugri. À cette occasion, une cinquantaine de journalistes avaient été sensibilisés aux enjeux des violences basées sur le genre et des stéréotypes sexistes.

Les échanges avec les participants avaient révélé un besoin important : approfondir leurs connaissances des textes juridiques nationaux, régionaux et internationaux protégeant les droits des femmes afin de produire des contenus médiatiques plus rigoureux, plus équilibrés et davantage fondés sur les droits humains.

Le nouvel atelier répond à cette préoccupation. Selon Hélène Doubidji, présidente de l’Association Ekina et fondatrice du webmagazine EkinaMag, l’objectif est de renforcer les capacités des professionnels de médias sur les droits des femmes et le cadre juridique de leur protection afin d’améliorer le traitement médiatique des questions de genre et de promouvoir un journalisme fondé sur les droits humains. « Une initiative qui s’inscrit pleinement dans la vision des engagements de notre pays en matière de promotion de la femme. Aujourd’hui, les femmes occupent une place de plus en plus importante au sein des instances de décision et participent activement à la vie politique, économique et sociale de la nation », a rappelé lors de la cérémonie d’ouverture, le représentant du président de la Haute autorité de régulation de la communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC), Bathembana Solitoke.

Pendant deux jours, a travers une approche participative fondée sur des exposés interactifs, des études de cas, des travaux de groupe et exercices pratiques, les participants ont renforcé leurs connaissances sur les concepts fondamentaux liés aux droits des femmes et à l’égalité de genre, tout en découvrant les principaux instruments juridiques qui encadrent leur protection.

Les sessions animées par des experts, notamment André Kangni Afanou, coordonnateur Afrique du Centre pour les droits civils et politiques (CCPR) et président du CDFDH, Andréa Aziabou, chargée de programme à WiLDAF-AO, ainsi que Joseph Atchali, juriste au ministère de l’Action sociale, de la Solidarité et de la Promotion de la Femme, ont porté notamment sur le cadre juridique national de protection des droits des femmes au Togo, le Protocole de Maputo, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF/CEDAW). La Résolution 1325 des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité, ainsi que l’Objectif de développement durable n°5 consacré à l’égalité entre les sexes ont été également abordés. En complément, les responsables d’Ekina ont été outillés les journalistes sur les responsabilités des médias dans la promotion des droits des femmes, les techniques de traitement médiatique sensible au genre et l’identification de sujets journalistiques susceptibles de contribuer à une meilleure information du public sur ces questions.

A l’issue de cette formation, 12 femmes journalistes parmi les participantes de la formation seront sélectionnées sur la base des propositions de sujets sensibles au genre soumis en amont. Elles intégreront le programme « Ambassadrices Genre dans les médias ». « Ce programme offrira aux journalistes retenues un accompagnement éditorial personnalisé, des sessions de mentorat ainsi qu’un appui à la production et à la diffusion de contenus médiatiques centrés sur les droits des femmes », a indiqué Hélène Doudidji, présidente de l’Association Ekina.

À travers cette initiative, l’Association Ekina entend contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de journalistes capables de traiter les questions de genre avec professionnalisme, sensibilité et rigueur, tout en devenant de véritables ambassadrices de la promotion des droits des femmes dans les médias togolais.