À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée avec quelques jours de décalage, la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo) a choisi de miser sur un symbole fort : ouvrir aux femmes les portes d’un secteur longtemps considéré comme un bastion masculin. Réunie le vendredi 13 mars 2026 à Lomé, l’institution consulaire a procédé au pré-lancement d’un programme inédit visant à former des femmes entrepreneures à la conduite de véhicules gros porteurs et d’équipements de manutention portuaire.
Baptisé « Femme Action CCI-Togo », le projet entend répondre à un double objectif : favoriser l’autonomisation économique des femmes togolaises et combler le déficit de compétences dans les secteurs du transport et de la logistique, deux piliers de l’économie nationale et régionale. Pour José Kwassi Symenouh, l’initiative s’inscrit dans une dynamique de transformation des mentalités et d’adaptation aux nouvelles réalités économiques.
« Pendant longtemps, ces métiers ont été considérés comme exclusivement masculins », a rappelé le responsable consulaire. Mais l’évolution des technologies, des pratiques professionnelles et des besoins du marché ouvre désormais de nouvelles perspectives. « Les femmes ont toute leur place dans ces secteurs à fort potentiel économique », a-t-il insisté, soulignant que l’ambition de la CCI-Togo est aussi de créer des modèles inspirants pour les jeunes générations.
Pour cette première phase, le programme prévoit la sélection de dix femmes à l’issue d’un appel à candidatures. La première promotion portera le nom de Dorothée Nassif, figure reconnue du secteur du transport au Togo. Un choix assumé par les initiateurs du projet, qui souhaitent mettre en avant des parcours féminins inspirants dans un univers professionnel encore largement dominé par les hommes.
La principale intéressée a d’ailleurs salué l’initiative, estimant qu’elle représente une opportunité majeure pour les femmes désireuses de s’imposer dans le domaine du transport de marchandises. Selon elle, l’accès à ces métiers techniques peut constituer un levier puissant d’émancipation économique.

La cérémonie du 13 mars marque toutefois une première étape. Elle a surtout permis de présenter officiellement le projet, ses objectifs et les critères de sélection des candidates. Dans les semaines à venir, les organisateurs prévoient d’ouvrir la phase de dépôt des candidatures, suivie d’entretiens et du processus de sélection. Le lancement officiel du programme interviendra ensuite avec la signature de conventions avec les institutions partenaires, avant le démarrage des formations prévu pour septembre 2026.
Au-delà de la formation elle-même, la CCI-Togo promet un accompagnement complet des participantes. Les bénéficiaires suivront une formation professionnelle spécialisée et bénéficieront d’un appui technique et financier afin de faciliter leur insertion dans le secteur. Plusieurs partenaires ont déjà manifesté leur intérêt pour le projet, parmi lesquels Africa Global Logistics et des acteurs du transport routier, appelés à contribuer à la qualité de la formation et à l’intégration professionnelle des participantes.
Pour Tadjudini Dermane, l’initiative arrive à un moment opportun. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de promotion de la participation féminine dans les métiers du transport, soutenu par les autorités togolaises avec l’appui de la Banque mondiale. Une autre initiative accompagne déjà près de 240 femmes dans ce secteur stratégique.
En misant sur ces nouvelles vocations féminines, la CCI-Togo espère contribuer à transformer durablement le paysage du transport au Togo. Et l’institution donne déjà rendez-vous : le 8 mars 2027, date à laquelle un premier bilan de cette expérience pilote devrait être présenté.





































