Habituellement présent entre décembre et janvier dans le sud du Togo, l’harmattan se fait exceptionnellement discret cette saison. Alors qu’il souffle avec intensité dans les régions septentrionales, le sud du pays connaît plutôt une chaleur persistante, inhabituelle pour cette période, renforçant l’inconfort thermique des populations.
Selon les services météorologiques, la progression de l’harmattan vers les zones côtières repose sur un équilibre entre deux masses d’air : l’air sec et frais venu du Sahara et l’air chaud et humide en provenance de l’océan Atlantique. Cette année, cet équilibre est perturbé, empêchant le vent saharien d’atteindre le sud du pays.
Pour Kossi Tchaa Agnigna, ingénieur météorologue, cette situation s’explique principalement par la position inhabituelle de l’anticyclone saharien. « Habituellement centré sur le Sahel, il permet à l’harmattan de descendre jusqu’à la côte. Or, cette année, il est excentré au large des côtes marocaines, réduisant la force du vent », explique-t-il. À cela s’ajoute le réchauffement de la Méditerranée, qui favorise la formation d’un courant dépressionnaire s’étendant vers le golfe de Guinée et freinant davantage la descente de l’air sec.
Dans ces conditions, l’arrivée de l’harmattan dans le sud du Togo demeure incertaine. Les prévisions annoncent plutôt des orages isolés, des phénomènes convectifs localisés et de faibles précipitations par endroits.
Cette situation n’est pas sans conséquences sur les populations du sud, exposées à des températures élevées. Les spécialistes recommandent une hydratation régulière, une exposition limitée au soleil et une alimentation légère. Dans le nord, où l’harmattan est bien présent, la protection contre la poussière et les maladies respiratoires reste essentielle, notamment pour les enfants et les personnes âgées.





































