À compter du 1er janvier 2026, les gains issus des tickets gagnants de la Loterie nationale togolaise (LONATO) égaux ou supérieurs à 500 000 FCFA sont désormais soumis à une retenue fiscale de 5 %, prélevée au profit de l’Office togolais des recettes (OTR). L’annonce, faite récemment par la LONATO, marque l’entrée en vigueur d’une mesure qui figurait déjà dans les réformes fiscales envisagées par les autorités depuis plusieurs années.
Concrètement, le prélèvement est appliqué automatiquement au moment du paiement du gain. Ainsi, pour un ticket gagnant de 500 000 FCFA, le bénéficiaire percevra 475 000 FCFA, les 25 000 FCFA restants étant reversés à l’administration fiscale. Cette retenue à la source vise à sécuriser la collecte et à limiter les risques d’évasion dans un secteur historiquement peu intégré aux dispositifs fiscaux classiques.
Si la mesure peut surprendre certains joueurs, elle n’est pas une innovation isolée. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large d’élargissement de l’assiette fiscale, dans un contexte où les États de la sous-région cherchent à diversifier leurs sources de recettes face à des besoins budgétaires croissants.
Le Togo rejoint ainsi un mouvement régional. Au Sénégal, une retenue de 20 % sur les gains des jeux régulés est entrée en vigueur en novembre 2025, tant sur le réseau physique que sur les plateformes numériques. En Côte d’Ivoire, un prélèvement de 7,5 % sur les gains supérieurs à un million de FCFA avait déjà été institué dès 2018. Le Burkina Faso, pour sa part, s’oriente vers une harmonisation de la fiscalité des jeux autour d’un taux de 5 %, proche de celui retenu par Lomé.
Au-delà de la seule question des taux, l’enjeu central reste celui de la régulation et de la formalisation du secteur des jeux de hasard. Longtemps perçus comme marginaux ou difficiles à contrôler, ces flux financiers deviennent progressivement visibles et traçables, notamment grâce à la numérisation des opérations et au renforcement des autorités de régulation.
Au Togo, la position particulière de la LONATO, entité parapublique et acteur quasi monopolistique, facilite cette transition. Son alignement avec l’OTR permet d’assurer une application relativement fluide de la retenue et de réduire les frictions administratives.




































