L’Agence nationale d’identification (ANID) a organisé, le mercredi 13 septembre 2025 à Lomé, un atelier d’information et de sensibilisation à l’intention des acteurs locaux de la préfecture d’Agoè-Nyivé. L’initiative s’inscrit dans le cadre de la campagne de recensement biométrique qui démarrera le 20 août prochain dans la préfecture, pour une durée d’un mois. Objectif : amener les participants à relayer l’information sur le terrain et inciter les populations à se faire massivement enrôler.
Ont pris part à la rencontre des représentants de la préfecture et des mairies, des chefs traditionnels, leaders religieux, ainsi que des associations de femmes, de jeunes et de personnes en situation de handicap.
Le recensement biométrique, mené dans le cadre du projet régional WURI-Togo soutenu par la Banque mondiale, vise à attribuer à chaque résident une identité unique, fiable et sécurisée. « Il s’agit de donner à chacun une identité officielle, pour renforcer l’inclusion sociale. Aujourd’hui, de nombreuses personnes n’ont aucun papier d’identité, ce qui les empêche d’accéder aux services de base tels que la santé, l’éducation, l’emploi ou les services bancaires », a expliqué Silété Dévo, directeur général de l’ANID.
L’opération se déroule en deux phases : une préinscription en ligne, facultative, via la plateforme preinscription.anid.gouv.tg et l’enrôlement en présentiel dans les centres prévus, principalement des établissements scolaires. La préinscription permet aux citoyens disposant d’un téléphone ou d’un ordinateur de saisir leurs informations personnelles (nom, prénom, date de naissance, etc.).
Lors de l’enrôlement physique, seront collectés les empreintes digitales, une photo du visage et un scan des iris. Les personnes n’ayant pas effectué la préinscription en ligne pourront se présenter directement dans un centre avec une pièce d’identité ou remplir une fiche sur place. Les nouveaux-nés et enfants de moins de cinq ans ne fourniront pas encore de données biométriques, mais pourront être enregistrés en étant rattachés au Numéro d’identification unique (NIU) d’un parent déjà enrôlé.
Face aux inquiétudes exprimées sur les réseaux sociaux, certains craignant un outil de surveillance, l’ANID se veut rassurante. « Ce n’est pas un projet pour surveiller les citoyens. C’est un projet d’inclusion, conforme aux normes internationales et sous contrôle. Il est déjà mis en œuvre dans plusieurs pays de la région, avec le soutien de la Banque mondiale. Et au Togo, un cadre juridique solide encadre la protection des données personnelles », a précisé Silété Dévo.
La Commission de protection des données à caractère personnel (CPDCP) et l’Agence nationale de la cybersécurité veillent au respect de ces garanties. « Le projet WURI répond à un besoin majeur : plus de la moitié de la population togolaise ne dispose pas de preuve d’identité officielle. Sans document d’identité, il est impossible d’ouvrir un compte bancaire, de passer un concours, d’obtenir un emploi formel ou de bénéficier d’une assurance ou d’une pension. Nous devons convaincre la population d’adhérer au projet. L’identité est la clé de l’avenir », a ajouté le directeur de l’ANID.
Avec ce dispositif, chaque citoyen se verra attribuer un NIU qui lui permettra d’exercer pleinement ses droits et d’accéder aux services essentiels.





































