Ancienne figure du gouvernement togolais, Marguerite Gnakadé, ex-ministre des Armées, a été inculpée et placée sous mandat de dépôt le vendredi 19 septembre 2025, a annoncé le procureur de la République, Talaka Mawama, le lendemain sur la télévision nationale (TVT). L’ancienne responsable est soupçonnée de complot contre la sécurité intérieure de l’État.
Selon le parquet, Gnakadé est poursuivie pour atteinte à la sécurité intérieure, trouble aggravé à l’ordre public et incitation de l’armée à la révolte. Cette mise en cause intervient après plusieurs mois de tensions entre l’ancienne ministre et le pouvoir de Faure Gnassingbé. Depuis quelques mois, elle multipliait les prises de position publiques, dénonçant la gouvernance en place et appelant ouvertement à la démission du chef de l’État, désormais Président du Conseil, Faure Gnassingbé. Le 30 août dernier, elle s’était même affichée aux côtés du mouvement M66 lors d’une manifestation publique contre le régime.
La même procédure concerne également le rappeur Aamron, interpellé le 19 septembre dans le cadre de la même affaire. Contrairement à l’ex-ministre, l’artiste a été inculpé mais remis en liberté, sous contrôle judiciaire. Il lui est reproché d’avoir appelé au soulèvement populaire, troublé l’ordre public et incité l’armée à la révolte.
Aamron n’en est pas à sa première confrontation avec la justice. Déjà arrêté en mai 2025 puis interné à l’hôpital psychiatrique de Zébé, il avait été libéré le 21 juin dernier sous la pression de la société civile et d’organisations internationales. Depuis, il avait repris ses critiques acerbes contre les autorités, jusqu’à sa nouvelle arrestation.





































