Le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, et le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, se sont entretenus en tête-à-tête le mercredi 19 novembre 2025 au Kremlin. Une rencontre rare, qui s’inscrit dans la relance d’une coopération vieille de plusieurs décennies, au moment où Moscou cherche à consolider son influence sur le continent africain et où Lomé multiplie les partenariats pour diversifier ses alliances.
Les deux dirigeants ont passé en revue l’ensemble des axes stratégiques qui structurent une relation bilatérale marquée par une histoire commune de 65 ans. Au cœur des échanges : la diplomatie, l’économie, le commerce et le renforcement du capital humain, autant de domaines que Moscou et Lomé souhaitent articuler autour d’une dynamique plus soutenue. Vladimir Poutine a salué la solidité de ce partenariat, rappelant la progression « à un bon rythme » des échanges économiques et la tendance jugée « positive » par le Kremlin.
Le dirigeant russe a insisté sur le cap que les deux capitales entendent franchir avec l’ouverture prochaine de leurs ambassades respectives, une étape présentée comme déterminante pour structurer davantage les discussions politiques et préparer le lancement des travaux d’une commission intergouvernementale, censée donner une impulsion plus opérationnelle à la coopération. Pour Poutine, cette évolution doit permettre « non seulement de maintenir cette dynamique, mais aussi de l’accélérer ».
Faure Gnassingbé, pour sa part, a insisté sur la dimension symbolique et stratégique de cette nouvelle phase, estimant que l’implantation d’ambassades marquera « la présence de l’État » et ouvrira des perspectives inédites pour les deux pays.
La formation, l’innovation et le transfert de compétences ont également occupé une place importante dans les discussions entre les deux dirigeants. La Russie accueille depuis plusieurs années des étudiants togolais dans ses universités, un élément sur lequel Vladimir Poutine a tenu à insister, se disant convaincu que ces « jeunes gens talentueux » joueront un rôle significatif dans le développement futur du Togo. Faure Gnassingbé a rappelé de son côté que l’éducation constituait « un secteur prioritaire » face aux mutations technologiques mondiales, soulignant l’importance d’un partenariat renforcé pour offrir de meilleures opportunités aux étudiants togolais.
Les questions de sécurité et de stabilité dans la sous-région ouest-africaine ont également été abordées. Le Togo suit avec attention la situation au Sahel, où les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), Mali, Burkina Faso et Niger, bénéficient d’un soutien sécuritaire croissant de la Russie. Faure Gnassingbé a salué cet engagement, estimant qu’il contribue non seulement à la défense des trois États, mais aussi à la sécurité de l’ensemble de la région. « Ce que vous faites pour ces pays, vous le faites également pour la sous-région », a-t-il affirmé, au nom des pays d’Afrique de l’Ouest.






































