Le Togo a annoncé, mercredi 25 février, sa participation à la sécurisation de l’approvisionnement du Niger en engrais. L’annonce a été faite à l’issue des échanges entre le ministre togolais chargé de l’Économie maritime et son homologue nigérien de l’Agriculture, Mahaman Elhadj Ousmane.
Concrètement, le Port de Lomé doit faciliter le transit de 20 000 tonnes d’engrais destinées au marché nigérien. L’initiative s’inscrit dans un mouvement de réorganisation des corridors logistiques du Sahel, marqué par la recherche d’itinéraires alternatifs face aux tensions régionales. Depuis sa sortie de la CEDEAO, le Niger renforce ses liens commerciaux avec des partenaires offrant un accès maritime stable, alors que ses relations avec certains voisins côtiers demeurent fragilisées.
Dans ce contexte, la plateforme portuaire togolaise apparaît comme un point d’appui stratégique. Les autorités de Lomé multiplient les mesures pour consolider leur position de hub logistique régional, notamment à destination des pays enclavés. L’acheminement d’intrants agricoles, essentiels à la sécurité alimentaire sahélienne, constitue un levier de coopération économique mais aussi diplomatique.
Cette orientation s’inscrit dans une série de décisions adoptées depuis 2024 pour fluidifier le transit vers Niamey et, plus largement, vers les États membres de l’Alliance des États du Sahel. Parmi elles, l’allongement à quarante jours du délai de franchise pour les conteneurs en transit au port de Lomé à destination du Niger, ainsi que la suspension de certaines redevances sur les marchandises déclarées en transit.
Au-delà de la dimension commerciale, ces ajustements traduisent la volonté du Togo de s’insérer dans la nouvelle géographie économique du Sahel. En facilitant l’accès maritime de ses partenaires enclavés, Lomé cherche à consolider son rôle d’interface logistique régionale, à un moment où les équilibres politiques et commerciaux ouest-africains se redéfinissent.






































