La diplomatie togolaise a convoqué le jeudi 11 septembre 2025 l’ambassadeur de l’Union européenne en poste à Lomé. En cause, une résolution adoptée quelques jours plus tôt par le Parlement européen à Strasbourg, appelant à la libération immédiate d’Abdoul Aziz Goma, homme d’affaires et activiste d’origine togolaise, détenu depuis décembre 2018. Les eurodéputés dénoncent une « détention arbitraire » et alertent sur la dégradation préoccupante de son état de santé après près de sept ans de détention préventive.
À Lomé, la réaction ne s’est pas fait attendre. Les autorités considèrent cette prise de position comme une « ingérence manifeste dans un dossier purement judiciaire et souverain ». D’après le ministère des Affaires étrangères : « La justice togolaise s’exerce en toute indépendance, conformément aux lois nationales et aux standards internationaux ». La convocation de l’ambassadeur de l’UE visait ainsi à obtenir des clarifications sur la démarche européenne, perçue comme une remise en cause de l’autorité des institutions nationales.
Arrêté en décembre 2018 pour des charges liées à la sûreté de l’État et à l’ordre public, Abdoul Aziz Goma, ses soutiens dénoncent une détention prolongée et arbitraire, des violations de ses droits à la défense, et pointent la responsabilité du pouvoir dans l’aggravation de son état de santé. En août dernier, il a entamé une grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention, déclenchant une vague de réactions d’ONG et d’experts onusiens.
Si Lomé assure vouloir préserver son partenariat avec Bruxelles, les autorités posent une ligne rouge : le respect de la souveraineté nationale.





































