À quelques jours de l’ouverture de la 42e Assemblée de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), prévue du 23 septembre au 3 octobre à Montréal, l’Association du transport aérien international (IATA) affiche de grandes attentes. Elles ont été dévoilées lords d’une téléconférence de presse animée le mercredi 17 septembre 2025 par Willie Walsh, directeur général de l’IATA.
L’organisation, qui regroupe près de 350 compagnies aériennes représentant plus de 80 % du trafic mondial, entend peser de tout son poids dans les débats sur les enjeux du secteur de sécurité, de durabilité et de régulation. Dans cette dynamique, l’IATA a soumis quatorze notes de travail qui seront examinées par les États membres. Son directeur général, Willie Walsh, insiste sur deux priorités majeures : la production accrue de carburants durables (SAF) et la consolidation du régime CORSIA, mécanisme de compensation carbone adopté en 2016. « L’aviation s’est engagée à atteindre zéro émission nette d’ici 2050. Pour y parvenir, il faut des mesures fortes de soutien à la production de SAF et une mise en œuvre cohérente du CORSIA », souligne-t-il.
L’IATA alerte également contre la tentation de certains gouvernements de multiplier taxes et réglementations nationales, souvent contradictoires avec les principes de la Convention de Chicago. Selon l’organisation, ces mesures dispersées risquent de fragiliser le marché mondial, d’alourdir inutilement les charges des compagnies et de semer la confusion chez les passagers. La protection des consommateurs, la fiscalité et l’harmonisation des règles sont ainsi au cœur des dossiers défendus.
La sécurité reste une autre priorité. L’association appelle les États à respecter leurs engagements en matière de publication rapide des rapports d’accidents, à renforcer la lutte contre les interférences liées au GNSS, et à protéger les fréquences critiques face au déploiement de la 5G. Elle plaide également pour un assouplissement de la limite d’âge des pilotes de vols internationaux en équipage multiple, actuellement fixée à 65 ans, en la portant à 67 ans, tout en maintenant des garanties médicales strictes.
L’Assemblée de l’OACI, qui se tient tous les trois ans, est l’occasion pour les États de s’accorder sur les grandes orientations du secteur. Pour l’IATA, l’enjeu dépasse les deux semaines de discussions à Montréal : il s’agit de définir la feuille de route pour les trois prochaines années, dans un contexte de reprise du trafic aérien, de tensions géopolitiques et d’urgence climatique. « Le caractère critique des normes mondiales visant l’aviation ne doit pas être sous-estimé », martèle Willie Walsh, convaincu que le dialogue avec les États est la clé pour une aviation plus sûre, plus efficace et plus durable.





































