À Atakpamé, dans le centre du Togo, une vingtaine de journalistes originaires de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest participent depuis le 23 juillet à une session de formation dédiée à l’enquête environnementale. Organisé par le collectif Togo Reporting Post (TRP), avec le soutien financier de Reporters sans frontières (RSF), l’atelier se poursuit jusqu’au 25 juillet.
Intitulée « ECOSINT : méthodes et outils pour enquêter sur les enjeux environnementaux », la session réunit 25 professionnels de médias, venus du Togo, du Bénin, de Guinée et du Mali. L’objectif affiché est de renforcer les capacités des journalistes à traiter, avec rigueur et méthode, des sujets liés à la crise écologique, à la pollution industrielle ou encore au changement climatique
« Cette formation s’inscrit dans un contexte marqué par une montée de la désinformation climatique, qui nuit à la compréhension des enjeux, brouille les prises de décisions et fragilise la confiance entre les gouvernants et les citoyens », explique Ama Larissa Agbenou, présidente du comité d’organisation. En dotant les participants d’outils de vérification des faits et d’analyse de données, les organisateurs entendent contribuer à une production journalistique plus fiable et accessible.
Le programme, ambitieux, mêle théorie et pratique. Les journalistes sont initiés à la planification et à la budgétisation d’une enquête, à la collecte et au traitement de données, ainsi qu’à l’usage des cartographies, de l’imagerie satellite ou encore des croisements de bases d’informations. Les modules sont animés par des formateurs venus du Togo, de France et du Cameroun, spécialistes du journalisme d’investigation environnementale.
Pour Dr Pierre Claver Kuvo, coordinateur du TRP, la formation répond aussi à un constat : au Togo, les enquêtes d’investigation en matière environnementale demeurent rares. « Peu de journalistes s’aventurent sur ce terrain, alors même que les financements existent, notamment de la part de fondations ou de bailleurs internationaux. Mais faute de compétences techniques ou de projets structurés, les professionnels togolais en bénéficient rarement », observe-t-il.
Face à ce constat, il invite les participants à dépasser le cadre de la formation pour s’approprier durablement les outils transmis. « Acquérir une compétence ne suffit pas. Il faut l’approfondir, la mettre en pratique, en faire une boussole dans le traitement de l’information », insiste-t-il.
Créé en novembre 2022, le collectif Togo Reporting Post regroupe une trentaine de jeunes journalistes togolais engagés dans l’investigation et le reportage long format.





































