Prime à la xénophobie !

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Ils ont de tout temps été taxés de racistes, xénophobes, et plus encore de négrophobes par les « Africains » ou encore les Subsahariens, plus précisément. A tort, aiment-ils à se défendre quoique leurs propos, actes ou faits démentent souvent leur posture victimaire.

Mais voir un président maghrébin, tunisien plus exactement, fût-il en mal de popularité se faire l’écho de propos aussi haineux et discriminatoires à l’encontre de migrants subsahariens clandestins, ou ceux que l’on appelle trivialement les « Black » relève de l’inénarrable.

En Tunisie où des organisations de défense des droits de l’Homme dénoncent des propos racistes ou en dehors, c’est la consternation. Même si les pays subsahariens de provenance de ces migrants appartenant comme la Tunisie à la «Grande Union Africaine », brillent depuis lors, par un silence devenu assourdissant, il semble qu’il y ait bien de quoi se scandaliser.

De fait, si l’intention non dévoilée du président tunisien consiste à surfer sur une vague de nationalisme qui prend de l’ampleur au sein de sa population et qui est relayée sur les réseaux sociaux voire certains médias, afin d’en espérer un dividende politique, se refaire une santé politique, les implications des déclarations tapageuses du Chef de l’exécutif tunisien sont à redouter.

« Hordes des migrants clandestins » dont l’arrivée serait source de « violence, de crimes et d’actes inacceptables » ou constitutive d’une « entreprise criminelle ourdie à l’orée de ce siècle pour changer la composition démographique de la Tunisie », afin de la transformer en un pays « africain seulement » et estomper son caractère « arabo-musulman ».

Ces propos rappellent, – les souvenirs sont encore très vivaces -, les envolées lyriques de Nicolas Sarkozy qui alors, ministre de l’intérieur et candidat déclaré à la présidentielle française de 2007, stigmatisait les migrants illégaux, coupables désignés selon lui, de l’insécurité et menaces nées à la paix dans sa chère « France ».

Certes, notre démarche n’est pas un soutien implicite encore moins explicite à l’immigration clandestine, par tout moyen. Légalistes convaincus, nous prônons une migration en accord avec les lois de différents pays de destination. Toutefois, il s’agit d’une alerte que nous sonnons afin d’humaniser le sort qui sera réservé aux migrants clandestins qui risquent d’être pris au piège en Tunisie.

De fait, l’on a conscience des mesures urgentes susceptibles d’être prises notamment aux niveaux sécuritaires et militaires pour contrer les nouveaux arrivants illégaux ou bouter « out » ceux qui « polluent » par leur seule présence, le « beau paysage » tunisien. Et parallèlement, des actes d’agressions dont pourraient être victimes les migrants de la part de Tunisiens qui verraient en cette sortie du président, un blanc-seing, un permis pour commettre toutes sortes d’actes xénophobes voire une prime réservée à la xénophobie.

En tout état de cause, une réaction urgente devrait être faite et des dispositions prises pour préserver l’intégrité physique des migrants. Afin que le Maghreb ne devienne pas un «mouroir » à ciel ouvert pour les Subsahariens, après les drames survenus entre le Maroc et les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla qui ont horrifié l’opinion.