Petite saison : Le paysan togolais piégé entre inondations et irrégularités des pluies

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Jérémie Gadah, agriculteur à Kévé

Le paysan togolais, ces dix dernières années, se retrouve entre le marteau et l’enclume entre mi-septembre et fin octobre, période normale de la petite saison des pluies. Son cœur bascule en de fortes précipitations spontanées accompagnées d’une séquence sèche subite ou encore entre l’arrivée tardive ou précoce des pluies et des inondations. Le changement climatique dicte sa loi aux acteurs du secteur agricole qui sont impuissants face au phénomène. Dans ce reportage, Focus infos présente la situation de la petite saison des pluies (Kélé, nom local) de cette année 2022 dans le Sud Togo notamment dans quelques localités de la région maritime, les impacts sur les cultures ; et donne la parole aux agriculteurs et experts qui font des propositions de solutions pour développer une adaptation.

Les terres sont suffoquées, il n’y a plus d’artère pour permettre à l’eau d’y pénétrer, les racines des cultures résistent difficilement à l’abondance d’eau. Certains endroits laissent apparaître des sols noirs donnant l’image d’une surface argileuse très glissante. Il n’est pas aisé de circuler entre les plantes de maïs qui jaunissent par endroits, perdant leurs ailes et présentant peu de fleurs. La présence encore des eaux de ruissellement qui sillonnent ou stagnent dans les champs, démontre le niveau des dégâts. Nous sommes le jeudi 17 novembre 2022 dans la préfecture du Bas-Mono notamment à Agomé-Glozou (environ 100 km Nord-est de Lomé) et plus précisément à Badji. Cette localité, qui se situe à moins d’une dizaine de kilomètres de la frontière Togo- Bénin, a subi de façon drastique, cette année, les effets du changement climatique avec un impact très remarqué sur les cultures. L’abondance et la succession très rapprochée des pluies sur une courte période, ajoutées au débordement du fleuve Mono qui est sorti de son lit, selon les ingénieurs agronomes, en sont les causes.

Un dérèglement climatique qui ne dit pas son nom. « Ces dernières années, nous assistons à un phénomène extrême. C’est vrai, nous sommes dans une zone à risque mais l’inondation ne prenait pas cette allure, auparavant », confie Afiwa Adamado, une maraîchère qui a vu son champ d’Adémè (corète potagère) et de Gboma (épinard) englouti par l’eau. « Nous connaissions avec précision les périodes de semis et les périodes de récoltes ; ce n’est plus le cas avec ce que nous assistons maintenant. Tout est perturbé ; la situation actuelle est inquiétante », a-t-elle ajouté.

Le phénomène n’est pas circonscrit à la préfecture du Bas-Mono. La préfecture de Vo (55km Nord-est de Lomé) y est aussi confrontée, notamment dans le canton de Dagbati au niveau de Bato où on note également le phénomène d’inondation et un ralentissement de la croissance des cultures. L’effet est également observé dans la préfecture de Yoto (environ 30km de la préfecture de Vo). Cette année, informe Yao Anakévo Agbénéza, agriculteur dans le milieu, plus précisément dans le canton de Zafi, les pluies ont commencé début août. Il a plu de trop en un temps record ; deux voire trois énormes pluies tombaient par jour. Ce qui n’est pas bon pour les cultures comme le maïs et le niébé qui ne supportent pas une quantité très élevée d’eau. « L’abondance successive des pluies a asphyxié les racines des plantes, ce qui a agi sur leur croissance et finalement a des impacts négatifs sur le rendement. Les plantes et les graines sont étouffées à un moment donné, les racines n’arrivent plus à tirer les nutriments nécessaires du sol. On était content au début compte tenu des surfaces cultivées mais nos rêves sont brisés. En ce qui concerne le haricot et le soja, on a eu beaucoup de mauvaises herbes qui empêchent l’évolution normale de ces deux cultures qui ne supportent pas aussi beaucoup d’eau comme le maïs. Dans cette situation, même les herbicides perdent leur puissance, l’eau les emporte facilement et c’est une autre conséquence pour la nature et les humains comme les animaux ; les eaux vont ruisseler pour rentrer dans les cours d’eau qui sont des sources d’abreuvement », regrette Agbénéza. En effet, selon l’agriculteur, la pluviométrie cette année a été bien plus forte que l’année précédente. Le hic est que les paysans assistent à un phénomène anormal où les pluies surviennent très abondamment et s’arrêtent brusquement. « L’année dernière, ce n’était pas si abondant mais c’était à intervalles réguliers et ça avait profité aux cultures. Aussi, cette spécificité de la petite saison des pluies où les pluies tombent de façon localisée, cette année, ce sont toutes les localités qui sont arrosées au même moment. Par ailleurs, certains qui pensaient que la pluie allait continuer et n’avaient pas vite semé ou encore continuaient de semer ont été surpris », affirme- t-il. Ces retardataires, surtout ceux qui ont leurs champs sur des terres en élévation, prient pour qu’une ou deux dernières pluies arrosent les cultures au moment où d’autres souffrent de l’abondance de l’eau dans leur champ. « Malheureusement, c’est au moment de la floraison que la pluie a cessé. Présentement, il nous faut une ou deux pluies pour sauver les cultures. Déjà, on sent l’arrivée de l’harmattan », informe Thomas Adjogblé, un autre agriculteur de la préfecture de Yoto.

La situation est aussi critique dans la préfecture de l’Avé notamment à Assahoun et Kévé (environ 50km, Nord-ouest de Lomé). Yoa Akagbé est agriculteur et chef quartier d’Assahoun Zionto. Il signale que le soja et le haricot ont eu des difficultés avec l’abondance des pluies. « Ceux qui ont semé sur les terres en élévation sont relativement épargnés mais ceux qui ont choisi les bas-fonds ont vu leurs cultures submergées d’eau. Le cas étrange, ce sont des zones qui n’étaient jamais inondées. Des aménagements mis en place par le gouvernement, à travers le Projet d’appui au développement agricole au Togo (PADAT), avec l’abondance des pluies, n’ont pas pu aussi résister », renseigne le chef. Le phénomène s’observe bien à Assahoun Agbatamé 1 chez la coopérative Névamé, et Agbatamé 2 chez la coopérative Ebenezer.  A Kévé, renseigne Jérémie Gada, cultivateur écologique, « le riz qui doit profiter de cet excès d’eau n’a pas profité de cette situation. Parce qu’il n’a pas plu en juillet et août pour le semis du riz ».

Dans le canton de Zoti (Vo Nord), on observe une évolution éparse. Des paysans qui ont cultivé tôt et ont fait le choix des semences à cycle court voient leurs cultures évoluer normalement. « Avec l’abondance et le démarrage rapide des pluies, on n’a même pas fait la différence entre la petite et la grande saison. Nous avons mis en terre les premières graines de maïs le 28 août 2022, actuellement tout évolue normalement pour tous ceux qui ont semé avant le 15 septembre. Durant la Grande saison, j’ai récolté 25 bidons de maïs à raison de 14 bols par bidon sur un espace de deux hectares. Cette fois-ci, avec la petite saison, toujours sur le même espace, on peut s’attendre juste à plus d’une quarantaine de bols », a détaillé Paulin, un agriculteur rencontré dans le canton de Zoti.

D’après un bulletin climatologique publié par la Direction générale de la météorologie nationale et consulté par Focus Infos, la deuxième décade du mois d’octobre 2022 est marquée par des pluies modérées. Les cumuls pluviométriques ont rarement excédé 90 mm. Ils ont varié de 6,9 mm en trois (03) jours à Kpalimé à 90,7 mm en cinq (05) jours à Tabligbo. L’analyse du bulletin montre que la pluviométrie a été déficitaire sur l’ensemble du pays à l’exception de la zone Est de la Maritime où l’anomalie est positive. Par rapport à la même décade de l’année passée, celle-ci est globalement excédentaire. Le bulletin renseigne que Tabligbo a enregistré la quantité de pluie la plus importante (213,4 mm).

 

Données pluviométriques de quelques localités du Sud Togo

Stations Cumul Oct 2022 (mm) Ecart : Oct 2022-Oct 2021 (mm) Ecart : Oct  2022 normale octobre 1991 -2020 (mm)
Lomé 56,0 -39,8 -45,9
Tagbligbo 213,4 89,2 63,9
Kouma-Konda 134,8 -23,5 -60,7
Atakpamé 120,6 4,4 -11,9
Anié-Mono 128,0 28,0 -52,0

Sources : Direction générale de la météorologie nationale (DGMN)

 

Le calvaire des paysans

Kossi Agbédanou a un champ de 4 hectares environ dans la zone de Tométikondji (préfecture de Yoto). Avec l’abondance des pluies, l’inondation a scindé son champ en deux parties dont l’une est totalement dans l’eau. « L’abondance des pluies a fait que les mauvaises herbes ont pris d’assaut le champ, ce qui fait que le rendement sera de moitié. En temps normal, ce champ donne comme rendement, plus de trois tonnes de haricot mais cette fois-ci, c’est par miracle que cela va atteindre une tonne et demi voire une tonne trois-cents kilos. Déjà, c’est une perte énorme et un calvaire pour nous, agriculteurs », s’est-il désolé.

Dans la même zone, dans les environs de Afougadji, Adjové, Tové et Yotokopé, zone des grands cultivateurs, deux grandes rivières Yoto et Haho et d’autres étangs d’eau se sont croisés, entraînant de nombreux dégâts.

Vue partielle d’un champ de maÏs inondé dans le Bas-Mono

En effet, que ce soit l’inondation ou la sécheresse, les rendements agricoles subissent un impact négatif et c’est le paysan qui vit la détresse en premier lieu. D’abord c’est tout un investissement à perte. La petite famille subit l’impact direct parce que les agriculteurs, au démarrage des cultures, se font consentir des prêts au niveau des microfinances, des usuriers ou chez les femmes commerçantes pour payer les métayers et acheter les semences. « Tu es doublement endetté. On a vécu la pire situation il y a de cela deux ans. J’ai pris 1000 000 FCFA dans une microfinance et ma femme a réussi à avoir 300 000 FCFA chez une commerçante en donnant notre récolte comme garantie. Malheureusement, une grande partie de notre champ a été envahie par l’eau. C’est un matin, en me rendant au champ que j’ai fait la découverte. J’ai pleuré toute la journée voire la semaine. On n’a pas pu régler nos créanciers et c’est une convocation qu’on a reçue finalement venant de la gendarmerie », se rappelle Amédji Adakanu, agriculteur à Tométikondji qui confie que pour se sortir de ce pétrin, il n’a pas eu le choix que de vendre son héritage, un terrain de deux hectares. Ces genres de situations, explique, pour sa part, Yao Anakévo Agbénéza, sont légion et découragent souvent le paysan ; parfois elles amènent certains à jeter l’éponge pour devenir conducteurs de taxi- moto. « Quand le rendement chute, c’est la dette et parfois avec la pression des créanciers, surtout quand vous n’avez pas le soutien de vos proches, l’agriculteur est obligé de vendre des objets précieux, son héritage soit des champs de palmistes, soit des terrains boisés comme des tecks pour régler la dette. Tout cela décourage certains qui ont cette fougue de faire carrière dans l’agriculture ; avec ces incidences ou difficultés, ils démissionnent surtout avec la chute des rendements. Par ailleurs, certains qui n’ont aucun objet précieux ou héritage à vendre ou à remettre à leurs créanciers, passent finalement des jours ou des semaines voire des mois derrière les barreaux avant que la communauté ne leur apporte parfois son assistance. Avec cette situation, l’effectif des producteurs diminue sans cesse alors que la famille des consommateurs s’agrandit au jour le jour », avertit Agbénéza.

La maîtrise de l’eau s’impose

Avec le phénomène de changement climatique accompagné d’un dérèglement climatique où rien n’est sûr d’avance en termes de pluviométrie, et de surcroît au 21ème siècle, on ne peut plus continuer à pratiquer une agriculture totalement dépendante de la nature où cette dernière va continuer de dicter sa loi au paysan impuissant.  La maîtrise de l’eau s’impose avec le développement et la promotion des techniques d’irrigation. « Au niveau du pays, il faut qu’on pense vraiment aux systèmes d’irrigation, à comment conserver les eaux de ruissellements ; ces eaux qui ruissellent, partent et après on souffre de manque d’eau. Il faut aménager des bassins de rétention des eaux, les drainer vers de gros périmètres irrigués, s’il n’y a pas de pluies qu’on puisse également utiliser ces eaux », conseille Pascal Kounouma, ingénieur agronome, responsable suivi-évaluation à la direction générale de l’Institut de conseil d’appui technique (ICAT). A ce jour, le Togo ne compte que de façon concrète trois périmètres d’eau notamment ceux de Kovié et de Djagblé dans la préfecture de Zio et celui d’Agomé-Glozou dans le Bas-Mono. Certes, les eaux utilisées dans ces périmètres irrigués, souligne l’expert, ne sont pas des eaux de surface. « C’est le problème du continent africain actuellement. Il faut arriver à conserver les eaux de surface au niveau des bassins, les traiter et les utiliser après, c’est à moindre coût et cela ne demande pas beaucoup de moyens », précise l’ingénieur qui indique que creuser pour chercher de l’eau en profondeur demande beaucoup plus de moyens.

Même proposition de la part de Toffa Yaovi Djossou, chef d’agence de l’Institut de conseil d’appui technique (ICAT) préfecture des Lacs. « On peut faire des forages dans les bas-fonds pour les cultures de contre- saison. A partir de décembre, il ne va plus pleuvoir, c’est le moment de faire des bassins et de les utiliser après. Ceci va contribuer sensiblement à régler le problème des agriculteurs », propose l’ingénieur.

La météo pour anticiper les intempéries

Suivant le climat et les saisons, les régions sont plus ou moins exposées aux intempéries. Le démarrage tardif des pluies et son intensité, l’arrêt précoce des pluies, le débordement des cours d’eau sont, entre autres, des bêtes noires des agriculteurs. Destruction partielle ou totale d’une culture, les intempéries ont de lourdes répercussions sur le rendement. Toutefois, des moyens de protection ou d’adaptation existent pour éviter que ces phénomènes déciment les cultures. Pour assurer une protection optimale des cultures, des systèmes d’alerte météo peuvent être utilisés. Leur particularité : ils vous avertissent avant l’arrivée d’un phénomène à risque. Au début de la petite saison des pluies au Togo, la Direction générale de la météorologie nationale (DGMN) avait communiqué des prévisions et conseillé les agriculteurs à opter pour les semences de courtes durées, cette nouvelle saison. Même si la météo fait beaucoup dans la diffusion des données, des efforts restent à faire pour que l’information parvienne à chaque paysan même dans les coins les plus reculés. A part l’implication des médias et radios communautaires, il est nécessaire d’associer davantage le digital dans la procédure de communication. Selon l’ingénieur Pascal Kounouma, il urge de fournir des services de conseils numériques. « Aujourd’hui avec l’évolution, on ne peut pas travailler sans associer le digital. Il est vrai qu’avec les médias, la météo diffuse des informations mais il faut aller au-delà. C’est pourquoi dans le cadre du Programme de résilience du système agricole en Afrique de l’Ouest, il est prévu de fournir des services numériques pour la prévention et la gestion des crises agricoles et alimentaires », a-t-il indiqué.

En effet, une surveillance météorologique assidue diminue les risques et assure un meilleur rendement. Chaque culture a ses propres besoins en eau et il vaudrait mieux connaître la résistance des plantes au stress hydrique avant de produire des hectares. Le déficit ou au contraire, l’excès en eau, affaiblissent la plante qui devient alors plus vulnérable aux maladies. La météo est donc un indicateur fiable pour subvenir aux besoins d’une culture. Une sécheresse ou au contraire des inondations vont accentuer le stress hydrique de la plante. Les précipitations et la météo de manière générale doivent être minutieusement suivies. En agriculture, il y a des périodes propices pour tout (semer, traiter, fertiliser, arroser, récolter) et tous les indicateurs météo sont essentiels à la prise de décisions.

En somme, utilisée à bon escient, la météo se révèle comme une alliée de taille pour gérer les exploitations. Comme dans toute activité, il vaut mieux agir sur les causes plutôt que sur les problèmes eux-mêmes. Par ailleurs, il est important de former le paysan togolais à d’autres techniques agricoles en fonction des réalités de chaque localité. Si on prend, par exemple, la zone d’Agomé-Glozou, elle est plus adaptée, selon les techniciens agronomes, à des cultures qui demandent beaucoup d’eau comme le riz et la canne à sucre mais les agriculteurs risquent leurs investissements toujours dans la culture du maïs. Il faut aussi atténuer les effets du changement climatique en encourageant les politiques de protection de l’environnement notamment le reboisement pour reconstituer les forêts ; et surtout sensibiliser la population sur l’importance de la planification familiale face aux ressources qui deviennent de plus en plus rares. « Il y a certains endroits où nos grands parents ne coupaient pas des arbres mais aujourd’hui nous prenons plaisir à le faire sans en mesurer les conséquences. La surpopulation fait aussi que nos terres sont tellement cultivées et ne sont plus riches, les endroits comme les bas-fonds où il y a de cela dix ans, 20 ans, 30 ans en arrière on ne faisait pas de cultures, sont devenus aujourd’hui des terrains prisés, d’où les inondations récurrentes. Que chaque citoyen, d’une manière ou d’une autre, contribue à la protection de l’environnement et des terres parce que nous en sommes dépendants ainsi que les générations futures. C’est ce que nous donnons à la nature qu’elle nous retourne », avertit Yao Anakévo Agbénéza, agriculteur expérimenté.

Des conseils utiles pour mieux gérer la petite saison des pluies

D’après Dr Kossi Essotina Kpemoua, directeur scientifique de l’Institut togolais de recherche agronomique (ITRA), il y a des années où la petite saison des pluies va jusqu’en décembre mais souvent, on la situe jusqu’en novembre. « Sa particularité, c’est qu’il y a des pluies qui sont souvent fines mais elles peuvent être persistantes. Pour ce qui concerne les averses, elles sont dues à certains aléas climatiques ; il y a des fois où elles couvrent toute la grande zone ou bien elles tombent par-ci, par là et de façon très éparse mais ce qui est important pour un agriculteur, c’est que le sol soit bien imbibé pour commencer les semis », explique l’universitaire. Aussi, se manifeste-t-elle par des séquences de soleil très fort qui agit négativement sur la croissance des cultures.

Comment s’y prendre ?

Une fois que la pluie tombe, deux pluies jusqu’à 20mm ou au-delà, on trouve que c’est bien de pouvoir faire les semis ou les plantations. « Nous l’apprenons de la nature et elle est variable à cause des changements climatiques. Il y a des années où cela peut commencer plus tôt tout comme cela peut commencer un peu plus tard, c’est ce qui fait que les anciens agriculteurs connaissent tout ce rythme », a indiqué le directeur scientifique de l’ITRA.

Compte tenu du changement climatique occasionnant des fois l’arrêt brusque des pluies, des séquences sèches qui peuvent durer une semaine ou dix jours, les services de l’ICAT recommandent que l’on donne le privilège aux variétés à cycle court. Pour ce qui concerne le maïs qui est plus consommé au Togo notamment dans le Sud, il y a des variétés améliorées. « C’est l’exemple de la variété TZEE. Elle a un cycle d’un peu moins de trois mois. Cela veut dire que ça peut rentrer facilement dans la période que va couvrir la petite saison des pluies », informe Dr Kpemoua.

Concernant toujours le maïs, les spécialistes conseillent de mettre tout le sérieux possible pour semer au plus tard le 15 septembre. « Après le 15 septembre, on prend beaucoup de risques parce que de 15 septembre à novembre, vous voyez que cela fait juste un mois et demi. Si la pluie peut couvrir tout novembre, c’est bien sinon, on s’expose au risque. Il faut semer à temps. Comme ça, cela permet d’espérer le rendement », a souligné le directeur scientifique de l’ITRA.

Parfois, les pluies se poursuivent et certains paysans patientent ou encore poursuivent les semis en oubliant que la situation peut se renverser du jour au lendemain. « Notre conseil, c’est que quand quelqu’un veut semer ou démarrer une culture, qu’il fasse l’effort de savoir quel est le cycle de cette spéculation, de cette culture, du semis jusqu’à la récolte », conseille l’expert. De son côté, Pascal Kounouma, ingénieur agronome, affirme que quand le maïs est déjà à l’épiaison avant l’inondation, avec les semences à cycle court, l’agriculteur peut au moins récolter le maïs frais.