Coup de tonnerre !

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La gestion du fonds Covid-19, il en est encore question. Après les remous, les attentes et aussi, dans une certaine mesure, la soif de la vérité exprimée, et alors que l’opinion semblait avoir rangé ce dossier dans les oubliettes, c’est l’Assemblée nationale togolaise qui, exerçant son pouvoir de contrôle de l’action gouvernementale, annonce la mise en place d’une commission d’enquête.

Bis repetita, serait-on tenté de dire. Si l’initiative est une fois encore parlementaire, surtout après la communication du gouvernement sur ce dossier devant les députés, le moyen mis en œuvre est cette fois, différent. Il s’agit en effet, d’une commission d’enquête mise en place, alors que rien, mais alors absolument rien, ne laissait, en apparence, présager ce développement.

Une commission avec pour mission de mieux questionner et élucider davantage les circonstances dans lesquelles les fonds alloués au gouvernement togolais pour la gestion de la crise sanitaire ont été utilisés, au titre du budget 2020. Autant dire…Connaître la vérité ou en tout cas, un pan jusque-là, méconnu des circonstances dans lesquelles certaines dépenses ont été engagées, durant la crise sanitaire.

Si la création de cette commission avec pour mandat de produire un rapport au bout de quarante-cinq jours pourrait participer à une meilleure manifestation de la vérité sur la gestion des fonds Covid-19 qui a révélé certaines insuffisances selon la Cour des Comptes, elle prend toutefois de court l’opinion.

De fait, on se souvient qu’au temps fort de cette affaire, les membres du gouvernement, fortement mobilisés, s’étaient présentés devant la représentation nationale, pour « communiquer » sur le rapport. Un rapport d’audit commandité par le gouvernement lui-même et qui avait pour but de « donner une certaine assurance que les ressources mobilisées ont permis de faire face efficacement aux dépenses liées à la riposte et sont utilisées conformément aux accords ou conventions de prêt d’une part et d’autre part, dans le respect des textes en vigueur au titre de l’exercice budgétaire 2020 », avait précisé l’exécutif.

La conclusion implacable du gouvernement toujours vivace dans les esprits, se résumait ainsi : « les dépenses faites dans le cadre de la lutte contre la Covid-19 sont régulières, conformes et sincères. Les quelques insuffisances relevées n’entachent en rien les procédures requises en la matière. L’essentiel est que les mesures économiques, sociales et financières ont permis de soulager les populations en difficulté ».

Le débat semblait donc clos…La représentation nationale avait été éclairée sur la gestion du fonds Covid-19 par le gouvernement qui avait, par ailleurs, botté en touche tout soupçon de mauvaise gestion des ressources affectées à la lutte contre la pandémie de Covid-19.

La remise au goût du jour de ce dossier avec en toile de fond la constitution d’une commission d’enquête par l’assemblée, relève donc d’un mystère et relance le débat sur la régularité, la conformité et la sincérité des dépenses faites dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire Covid-19.

Des éléments nouveaux seraient-ils survenus ? Que devrait établir, dans les quarante-cinq jours de mandat, la commission d’enquête mise sur pied ?

Même s’il est difficile d’établir à ce stade et de manière irréfragable, un lien de cause à effet entre le récent remaniement ministériel effectué, sur fond d’évictions, d’entrées, de jeux de chaises musicales et la formation de cette commission d’enquête parlementaire, la présomption est loin d’être négligeable.

Voilà qui devrait ouvrir le débat sur le sort qui sera réservé au rapport attendu prochainement. Mais ça, c’est une tout autre histoire.