La Belle Bella Bellow, l’icône intemporelle de la chanson togolaise

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Sous son regard presque candide et illuminé par un sourire caractéristique, Bella Bellow, la petite fille née au Nord de Lomé, aura eu un destin précoce, à tout point de vue. Précoce à goûter aux délices de la gloire mais frappée -encore dans la fleur de l’âge -, par une mort tragique, alors qu’elle revenait de la ville des 7 collines, pour rencontrer une virtuose de la musique africaine, Manu Dibango, le célèbre saxophoniste camerounais.  Etrange destin, une mort accidentelle survenue entre Lilikopé et Tsévié, sa ville natale.

La compositrice et auteure togolaise qui aura marqué la planète entière de son talent, son timbre vocal, avait ceci de particulier de ne chanter principalement qu’en Mina, sa langue maternelle. La chance, c’est la rencontre de la préparation et de l’opportunité mais Bella Bellow, elle, consciente de son talent et de sa passion, n’aura pas attendu une occasion en or. Elle se sera créé une opportunité de faire mieux la musique, à la faveur d’une formation en secrétariat à Abidjan. Elle profitera de ce coup de chance pour suivre des cours de solfège…

Produit de « l’Univers », elle sera une grande révélation, invitée à chanter à Cotonou à la célébration de la fête de l’indépendance du Bénin. Mais c’est le Festival mondial des arts nègres à Dakar qui sera son « sésame » pour ouvrir les portes d’une consécration internationale, avec la parfaite complicité de son ancien professeur de dessin Paul Ahyi et de Gérard Akueson qui deviendra son impresario.

Que ce soit avec « Denyigban », « Senye », « Blewu» ou encore « Nye dzi » entre autres, la belle Bella aura été de son vivant, la meilleure ambassadrice de la culture togolaise. Cotonou, Dakar, Abidjan, en passant par Johannesburg où elle rencontre Myriam Makeba et à travers ses concerts à l’Olympia à Paris, un peu partout en Europe, aux Antilles, au Festival de Rio de Janeiro au Brésil.

Georgette Nafiatou Adjoavi, de son vrai nom, laissera un héritage à l’humanité : sa joie de vivre, sa passion pour la chanson, sa prestance. Et plus que tout, ses chansons inspirées dont certaines continuent de résonner à des rencontres des grands de ce monde, où rares pigent un mot de ce qu’elle véhicule.

L’image chargée d’émotion de la diva africaine de la musique Angélique Kidjo interprétant à « L’Arc de Triomphe », le tube « Blewu » en face d’une audience peu conventionnelle composée d’Emmanuel Macron, Angela Merkel, Donald Trump et d’autres personnalités, du monde réunis lors  de la célébration du Centenaire de l’Armistice de 1918, reste encore vivace dans les esprits.

Les légendes ne meurent jamais, dit-on. C’est tout à son honneur si la cheffe du gouvernement lui rend hommage : « Cette année, nous commémorons le 50e anniversaire du rappel à Dieu d’une icône de la musique Togolaise, Bella Bellow. Nous célébrons ainsi son talent, son originalité et sa grâce intemporelle. Merci Bella, d’avoir su nous transmettre autant d’émotions par ton art », a-t-elle déclamé. Ou encore si le ministère de tutelle, à l’occasion du cinquantenaire de son décès, déroule, en son honneur, un programme d’activités jusqu’à fin janvier 2024.

Il faudra néanmoins faire plus…Eriger un monument en son honneur à une place stratégique ou symbolique de notre capitale, redonner vie à une compétition de musique portant son nom pour susciter l’émulation au sein des jeunes générations, éprises comme elle en son temps, de la musique. Ce serait aussi ça, un hommage mérité ! Qui l’a déjà imaginée ? Bella Bellow, célébrant ses 77 ans ?