Le shampoing démêlant solide « made in Togo » !

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Si le plus souvent, l’entrepreneuriat est utilisé par certains jeunes comme une porte de sortie du chômage ou un moyen de gagner en expérience professionnelle, d’autres s’y sont lancés par passion, ou l’envie d’apporter une solution à un problème de la communauté. C’est le cas de Gneli Aïda Traoré, épouse Barcola, promotrice de la marque cosmétique « Kosmétik le Marigot », qui a décidé de proposer le shampoing démêlant solide pour cheveux.

Le shampoing démêlant solide de la marque Kosmétik le Marigot, contrairement au shampoing habituel qui est liquide, est un savon à la texture dure, destiné au lavage des cheveux. Il est formulé avec des huiles qui ont pour rôle de rendre propre grâce à leur capacité moussante qui emporte les résidus de poussière, d’excès de sébum, de transpiration… Ajouté à cette action, il a le pouvoir d’empêcher la sécheresse des cheveux. Ainsi, mis à part le beurre de karité, l’huile d’olive et celle de coco qui sont les ingrédients de base, ce shampoing solide contient de l’huile de ricin qui vient gainer les cheveux. « Pour soulager les pellicules dont souffrent de nombreuses femmes, j’ai mis la poudre d’ortie qui est efficace en matière d’assainissement des cheveux », indique Aïda.

Pour arriver à faire la différence avec les produits déjà existants, la promotrice a voulu que son shampoing soit à la fois naturellement démêlant comme le balsam importé, c’est pourquoi elle a misé sur les argiles en choisissant de jouer sur la poudre de guimauve. « Mouillée, elle est très collante. Et donc la guimauve bien dosée dans le shampoing, apporte le côté démêlant, ce qui fait qu’on n’aura plus besoin de balsam », explique Gneli Aïda.

Ce shampoing démêlant solide est utilisable pour tout type de cheveux.

Ecologique

Sur le marché togolais, la grande partie des shampoings de cheveux ont un contenant non dégradable et souvent difficile pour le recyclage. Voulant donc jouer sa partition dans la lutte contre la dégradation de l’environnement, Aïda Traoré a choisi de faire son produit de façon solide qui s’emballe facilement dans du papier biodégradable.

Ceci va plus loin avec l’utilisation des produits essentiellement locaux et bio sans produits chimiques nuisibles à la santé.

« La plupart de mes huiles de base, je me les procure ici au Togo. Par exemple, mon huile de coco m’est fournie par Adjete, un ancien banquier reconverti dans ce domaine et le lait de chèvre que j’utilise souvent, c’est à Tsévié que je le prends », informe la start-uppeuse qui précise que c’est une manière pour elle de booster la consommation locale et par la même occasion, de créer des emplois pour ces producteurs nationaux.

La savonnerie, une passion

Déléguée médicale de profession et entrepreneure, Gneli Aïda Traore a travaillé dans des laboratoires pharmaceutiques pendant 20 ans en France. Sa reconversion en artisan savonnier s’est faite après son retour au Togo avec son mari. « Ma reconversion n’a pas été l’expression d’une envie d’entreprendre, mais plutôt celle de la passion de la savonnerie qui est en moi depuis l’enfance », précise-t-elle. C’est pourquoi avant même le retour au bercail, elle a suivi une formation lui permettant de formuler des produits en lien avec ses convictions et son envie de proposer des produits sains à sa communauté.

« L’autre motivation est qu’aujourd’hui, je suis dans la quarantaine et je n’ai plus des enfants qui ont besoin de maman du matin au soir. Donc si je dois prendre un risque à un moment de ma vie, c’est maintenant que je n’ai plus de carrière à faire, ou rien à prouver mais juste envie de faire ce que je veux », explique-t-elle.

Jeune entreprise, « Kosmétik le Margot » n’a qu’une personne employée à plein temps. Pour les jours à venir, la Directrice de l’entreprise, souhaite que le shampoing démêlant solide et les autres produits de la marque ne soient plus l’apanage de quelques-uns, mais que ces produits puissent rentrer dans le quotidien de tout un chacun. « Ce qui me permettra d’augmenter ma production, et donner du travail à mes frères et sœurs », conclut Gneli Aïda Traore promotrice de Kosmétik le Margot.